samedi 30 août 2014

Glossaire des musiques liturgiques juives



AMIDAH : prière centrale de l'office, la Amidah, appelée également Tefillah ou Shemoneh esreh, se compose de dix-neuf bénédictions les jours ordinaires et de sept les jours de shabbat et des fêtes (excepté l'office supplémentaire du Nouvel An qui en comporte neuf).

BA'AL TEFILLAH : préposé à la prière.

BAQQASHOT : chants de supplication exécutés la nuit entre Sukkot et Pessah chez les Juifs syriens ou marocains.

BARAÏTOT (sing. BARAÏTA) : compilation de commentaires et d'explications de la Mishnah datant de l'époque talmudique.

BERAKHOT : premier traité de l'ordre Zeraïm de la Mishnah.

CENTONISATION : procédé consistant à créer des morceaux à partir de l'agencement, à chaque fois différent, d'un même matériel mélodique.

DIWAN : recueil de poésies.

EKPHONÉTIQUE (notation) : notation musicale appliquée aux récitatifs liturgiques. Les signes ekphonétiques représentent différentes formules de récitation.

GEMATRIA : en hébreu, chaque lettre possède une valeur numérique. La gematria est un procédé visant à dévoiler la signification cachée des mots et des phrases en additionnant la valeur des lettres qui les composent.

GENIZAH : lieu où sont entreposés les manuscrits, vieux livres et autres objets de culte usagés qui, selon la loi juive, ne peuvent être mis au rebut. Souvent, ces différents objets furent ensevelis dans les cimetières de chaque communauté.

GEONIM : titre honorifique conféré aux présidents des académies babyloniennes de Soura et Poumbedita à l'époque post-talmudique, entre le VIè et le XIè siècle. Les geonim sont investis d'une autorité spirituelle apte à régir les différents aspects de la vie juive. Ils disposent de pouvoirs étendus et leur jugement est sans appel. Outre la Babylonie, leur influence s'étend dans les principaux foyers religieux et culturels de la Diaspora. A ce titre, ils constituent un facteur de première importance dans le maintien de l'unité du peuple juif dispersé.

HAZZAN : chantre.

HAZZANUT : art du chantre.

HOSHANA RABBA : septième jour de la fête de Sukkot donnant lieu à des cérémonies particulières. Depuis le Moyen Age, on considère que c'est à Hoshana Rabba que le fidèle a la dernière fois la possibilité de demander pardon pour les offenses qu'il a commises durant l'année. A ce titre, Hoshana Rabba s'apparente à une extension de Yom Kippur.

KABBALE : dans son acception la plus large, ce terme désigne les différents courants ésotériques qui se développèrent depuis l'époque du second Temple jusqu'à nos jours.

KAVVANAH : état de concentration et d'intention spirituel qu'il convient d'adopter au moment de la prière.

KLEZMERIM (sing. KLEZMER) : ce terme, qui dérive de l'hébreu keli zemer (instrument de musique), désigne les musiciens juifs ambulants qui se firent notamment connaître en Europe de l'Est en développant un répertoire de divertissement à base de chansons, de danses et de morceaux instrumentaux virtuoses plus ou moins improvisés.

KOHANIM : familles descendant des prêtres du temple de Jérusalem.

KOL NIDREI : formule d'ouverture de l'office du soir de Yom Kippur.

LAG BA-OMER : fête instituée à l'époque médiévale. Selon la tradition, elle célèbre la fin d'une terrible épidémie qui décima la presque totalité des disciples de Rabbi Akiva au début du IP siècle de l'ère chrétienne. Certains exégèses homilétiques relient cette fête aux premières chutes de la manne divine dans le désert.

LAHAN : ce terme d'origine arabe est sensiblement équivalent à la notion occidentale de "mélodie", il désigne une structure musicale composée de plusieurs phrases régies par l'utilisation d'un mètre.

LÉVI, LÉVITES : tribu des descendants de Lévi, le troisième fils de Jacob. Les Lévites (ou Lévi) étaient voués au service du Temple de Jérusalem. Ils assistaient les prêtres et faisaient office de chantres et de musiciens.

MAQAM (plur. MAQAMAT) : selon la définition de Salah el Mahdi (La Musique arabe, A. Leduc, Paris, 1972, p. 38), un maqam est un mode comportant des motifs musicaux caractéristiques inscrits à l'intérieur d'une échelle formée par la réunion de plusieurs tricordes, tétracordes ou pentacordes.

MESHORERIM : assistants qui soutiennent le chant du hazzan par divers procédés mélodiques (alternance des voix, bourdon, improvisation, etc.).

MIDRASH : commentaire rabbinique de la Bible.

MINHAGIM (sing. MINHAG) : coutumes.

MISHNAH : recueil de sentences et de législations traditionnelles des docteurs talmudiques appelés tanna'im (Ier et IIè siècles de l'ère vulgaire). Ces textes constituent la base du Talmud.

MITPALEL : les croyants des premières synagogues, privés de grands prêtres comme au Temple, éprouvèrent le besoin de nommer parmi eux un intercesseur vers Dieu : ce fut le mitpalel.

MUWASHSHAH : poème arabe de forme strophique constitué généralement de vers rimés relativement brefs. Il peut aussi comporter une sorte de refrain.

NEUMATIQUE (notation) : sorte de sténographie musicale basée sur des signes (neumes) évoquant des hauteurs de sons ou des mouvements mélodiques.

NIGGUN (plut. NIGGUNIM) : terme hassidique qui désigne une mélodie, un air.

NUSAH : 1) terme générique désignant le rite liturgique ou le rite de prière adopté par un ensemble de communautés de même origine (ex. : nusah séfarade) ; 2) mode traditionnel selon lequel une prière ou un passage biblique est chanté. Sur un plan musical, le nusah se traduit par un assemblage de motifs spécifiques dans un mode donné. La liturgie musicale est généralement constituée de plusieurs nusah : certains sont destinés aux prières quotidiennes et hebdomadaires ; d'autres, aux prières solennelles des grandes fêtes. Il existe enfin des modes spéciaux pour lire la Torah et certains livres bibliques (Cantique des cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste et Esther).

PAYTAN : poète, compositeur de piyyutim.

PIYYUTIM (sing. PIYYUT) : poésie religieuse.

PIZMON : poésie religieuse (piyyut), dont la première ou la dernière ligne du premier couplet est répétée à la fin de chacun des couplets suivants.

PURIM : cette fête historique raconte l'histoire d'Esther, épouse juive du roi de Perse, qui sauva sa communauté de l'extermination. Purim est une fête joyeuse qui donne lieu à un carnaval où petits et grands se déguisent.

QEROVOT : piyyutim insérés dans la prière de la Amidah.

ROSH HA-SHANAH : fête du Nouvel An.

SELIHOT (sing. SELIHAH) : prières de repentir à l'occasion desquelles le fidèle implore la clémence divine pour les péchés qu'il a commis.

SHAMASH : gardien de la synagogue.

SHELIAH TSIBBUR (délégué de la communauté) : cet homme érudit et suffisamment disponible pour assurer l'ensemble des offices est le guide de la congrégation.

STEIGER : terme d'origine ashkénaze désignant sensiblement la même réalité musicale que le nusah.

SUKKOT : cette fête qui dure huit jours rappelle le séjour des Hébreux dans le désert avant leur entrée en terre de Canaan. En souvenir de ce temps, les Juifs construisent une cabane (sukkah).

TALMUD : ensemble de sentences et de législations des docteurs de la Loi appelés tanna'im (Ier et IIè siècle de l'ère vulgaire) et amoraïm (IIIè au Vè siècle).

TORAH : la Torah regroupe les cinq premiers livres du Pentateuque.

ÛD : luth arabe au manche court.

YAMIM NORA'IM : "jours terribles" durant lesquels le fidèle se doit de dresser le bilan de ses actes de l'année écoulée. Cette introspection débouche sur un nécessaire repentir qui aura lieu au cours de la fête solennelle de Yom Kippur.

YOM KIPPUR : jour des expiations ou du Grand Pardon.


ZOHAR : ouvrage majeur de la mystique juive, le Zohar est considéré comme un texte fondamental de la Kabbale.