Critères de classification des instruments traditionnels

Selon les époques et les cultures, la classification des instruments a été établie de façon différente.


 
1. LA CHINE

En Chine, les instruments se divisent en 8 groupes, déterminés d’après la matière principale entrant dans la composition de l’instrument : la pierre, le métal, la soie, le bambou, le bois, la peau, la calebasse et la terre cuite.
 
Le système chinois est probablement le plus ancien qui soit connu (23ème siècle avant J.C.). Il est basé sur huit matériaux fondamentaux entrant dans la fabrication des instruments :
 
le métal                    chin                (gongs, cloches par ex.)
la pierre                    shih                (ensembles de carillon de pierre par ex.)
la soie                      ssu                 (instruments à corde par ex.)
le bambou                chu                  (flûtes par ex.)
la calebasse              p’ao                 (l’orgue à bouche par ex.)
la terre                     t’u                   (flûte globulaire type ocarina par ex.)
le cuir                       ko                   (les tambours par ex.)
le bois                      mu                  (tambours de bois rituels par ex.)
 
Ces matériaux, sources sonores, ne renvoient pas aux timbres, même si la croyance prêtait aux sons une influence sur l’équilibre de la nature et du pouvoir politique. Cette catégorisation des matériaux sonores renvoie plutôt à une pensée philosophique de nature essentiellement cosmologique en relation avec les saisons et les vents. Le principe hiérarchique se base sur le concept du chi, l’énergie, le souffle, l’esprit.


2. L’INDE
 
L’Inde fonde sa classification sur le mode d’attaque du son qui répartit les instruments en 4 catégories : cordes (tata), vents (sushira), tambours (avanaddha) et percussions autres que les tambours (ghana).
En effet, dans un chapitre du Nâtya shâstra, ouvrage « révélé » à Bharata par le dieu Brahmâ et qui constitue probablement une compilation, en sanscrit, de textes très anciens (antérieur au 2ème siècle de notre ère), les instruments de musique sont classés en quatre catégories selon des paramètres morphologiques qui sous-tendent leur mode de production sonore :
 
- les « tendus » (tata vâdya) seraient les instruments à cordes,
- Les « recouverts » (avanaddha vâdya) représentent en quelque sorte les tambours à membrane,
- les « creux » (shûsirâ vâdya) seraient les instruments dans lesquels on souffle,
- enfin la catégorie ghana vâdya, « solides » préfigure celle des idiophones, comme les cymbales, les cloches, les grelots…
 
Le système indien est finalement celui qui a donné naissance à la classification de Sachs et Hornbostel.
Ce système est un des rares systèmes traditionnels qui ne se base pas sur une conception philosophique du monde, même si les instruments possèdent une forte connotation religieuse. Cela n’empêche pas de nombreux traités indiens d’évoquer la dimension métaphysique de la musique.
  

3. LE MONDE ARABE
 
La musique du monde arabe établit une classification binaire en fonction de l’intensité : les instruments puissants d’une part (particulièrement les hautbois et les tambours que l’on joue en plein air) et les instruments de l’intimité d’autre part (les cordes en général).

 

4. LE SYSTEME DE SACHS-HORNBOSTEL
 
Il existe d’autres classifications à travers le monde tenant compte de la fonction musicale, du répertoire ou bien du mode de d’ébranlement. Par exemple, la classification moderne appelée Sachs-Hornbostel, universellement adoptée aujourd’hui et qui distingue quatre familles instrumentales :
 
  • Les cordophones (instruments à cordes) dont le son résulte de la vibration d’une corde tendue (ex. : luth, cithares…)
  • Les aérophones (instruments à vent) dont le son résulte de la vibration de l’air dans un tube (flûte, hautbois…) ou de l’air ambiant (rhombe)
  • Les membranophones (instruments à membrane)
  • Les idiophones (instruments à percussion) dont le son résulte de la vibration du corps propre, sans nécessiter de matières tendues : le son est produit par la matière même de l’instrument (hochet, xylophone…).
 
PS : ici membranophones et idiophones regroupent l’ensemble des percussions.
 
Dans tous les cas, ces notations sont nécessairement différentes de la notation classique des instruments de l’orchestre symphonique : cordes, vents (bois et cuivres), et percussions, car elle ne serait pas toujours adaptée !



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À propos de nicolas martello

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