Mozart en quelques dates

SA VIE EN QUELQUES DATES

1756
Naissance de Mozart à Salzbourg le 27 janvier à 20 heures.
28 janvier : baptême de Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus

1761
24 janvier : Apprend sa première pièce au clavecin en 1/2 heure (Scherzo de Wagenseil).
Premier concert public à l'université de Salzbourg le 1er septembre.

1762
12 janvier : départ pour le premier voyage à Munich.
18 septembre : Départ pour Vienne.
21 octobre : Wolfgang souffre d'érythème noueux.
11 décembre : voyage à Presbourg.

1763
A son retour à Salzbourg le 5 janvier, Wolfgang reste alité.
9 juin : départ pour la tournée européenne.
18 novembre : arrivée à Paris.

1764
 Wolfgang publie ses premières pièces pour clavecin.
27 avril : arrivée à Londres.
Rencontre avec Jean-Chrétien Bach.

1765
Première Symphonie.
 Wolfgang dédie ses sonates Opus III à la reine.
Nanner tombe gravement malade, puis c'est au tout de Wolfgang.
Séjour en Hollande.

1766
10 mai : retour à Paris.
15 juillet : passage à Dijon.
Novembre : les Mozart quitte Munich pour rentrer.
29 novembre : retour à Salzbourg.

1767
Cantate Die Schuldigkeit des ersten Gebots.
Séjour à Vienne pour fuir la variole que Wolfgang attrape quand même.
Il est soigné par le docteur Wolff à Olmütz.

1768
10 janvier : retour à Vienne.
La finta simplice n'est pas donné à la suite de cabales.
Bastien et Bastienne donné chez le docteur Mesmer.
Décembre : retour à Salzbourg.

1769
Exécution de Missa brevis K.65 le 5 février.
27 novembre : Mozart devient Konzertmeister à la cour de Salzbourg.
Décembre : départ pour l'Italie.

1770
Séjour à Milan, Florence, Rome, Naples, Bologne, série de concerts et de rencontres en italie.

1771
Mort de Sigismund von Schtrattenbach, Ascanio in Alba à Milan

1772
14 mars : Élection de Colloredo.
Nouveau séjour à Milan.

1773
Mars : Retour de Mozart à Salzbourg, travaille sous Colloredo

1774
Mozart compose sérénades, concertos et messes.
Commande de Munich pour la Finta Giardiniera.
6 décembre : premières répétitions à Munich.

1775
5 janvier : première de la Finta Giardiniera.
7 mars : retour à Salzbourg.

1776
Exécution de la Sérénade Haffner pour le mariage d'Élisabeth Haffner.

1777
Démissionne de son poste auprès de Colloredo,
départ accompagné de sa mère à Munich, Mannheim et Paris.
Mozart tombe amoureux d'Aloysia Weber à Mannheim.
Leopold presse son fils d'aller à Paris

1778
Arrivée à Paris le 30 mars,
mort d'Anna-maria, la mère de Mozart le 3 juillet.
Reste six mois à Paris, puis retour par Munich.

1779
Janvier : retour à Salzbourg.
Nouveau contrat plus généreux avec Colloredo.
Commande d'un nouvel opéra pour Munich : Idoménée.

1780
5 novembre : Mozart quitte Salzbourg pour Munich et commence un mois plus tard les répétitions de son opéra.

1781
Première d'Idoménée à Munich (c'est un succès).
Wolfgang doit rejoindre Colloredo à Vienne, puis rupture avec ce dernier.
 Mozart tombe sous le charme de Constanze.

1782
Nouvel Opéra : L' Enlèvement au Sérail,
Mozart épouse Constanze le 4 août.

1783
17 juin : naissance du premier enfant de Mozart, Raimund Leopold.
Fin du mois de juin : visite de Mozart et sa femme à Salzbourg.
Messe en ut mineur K427.
19 août : mort de Raimund Leopold.

1784
Grande série de concerts (17).
21 septembre : naissance de Carl Thomas.
14 décembre : Mozart est admis chez les Francs-maçons.

1785
Haydn entend les quatuors de Mozart.
Visite de Leopold chez son fils.
Série de concerts.

1786
Les Noces de Figaro à Vienne,
Trio des quilles,
Symphonie n°38

1787
Voyage à Prague,
Don Giovanni,
La petite musique de nuit

1788
Symphonie n°29, 40 et 41

1789
Voyage à Berlin,
quintette pour clarinette

1790
Voyage à Francfort pour le couronnement de Leopold II.
Cosi fan tutte

1791
La Clémence de Titus,
La flûte enchantée,
concerto pour clarinette,
Requiem,
Mort de Mozart le 5 décembre


MOZART, LE FRANC-MACON

L’enfance: premiers contacts maçonniques Mozart a 11 ans lorsque …
Le 26 octobre 1767, il est atteint de la variole ; c’est le docteur WOLFF qui le guérira.
Il est notoirement Franc-maçon, et d’ailleurs à cette époque, les Loges de Vienne sont peu secrètes ; la teneur des travaux effectués en tenue est régulièrement publiée dans les journaux.
En remerciement de sa guérison, bien que la maladie lui ait laissé quelques cicatrices définitives, Mozart compose une mélodie et l’offre au docteur WOLFF.
Cette composition porte un titre (contrairement à ce que l’on dit, Mozart donnait parfois des titres à ses œuvres), et ce nom évoque déjà l’importance de la fraternité : AN DIE FREUDE.
Le texte est de JP UZ, fortement inspiré par la maçonnerie.
Mozart ne peut en avoir composé la mélodie sans en connaître le sens, d’autant qu’il considérait déjà les textes des compositions comme étant : " la fille obéissante de la musique ".

Mozart a 12 ans lorsque … En 1768, par l’intermédiaire de THUN, il fait la connaissance du célèbre docteur MESMER, Franc-maçon lui aussi, qu’il parodiera plus tard, gentiment, dans son opéra COSI FAN TUTTE.
MESMER est également à l’origine de la commande de BASTIEN BASTIENNE.
Il rencontre aussi à cette époque le directeur de théâtre SONNENFELS, Franc-maçon, qu’il retrouvera d’ailleurs plus tard en Loge.

Mozart a 16 ans lorsque… En 1772, entre ses deux voyages en Italie, il écrit O HEILIGES BAND sur un texte de LENZ, paru dans un recueil maçonnique réservé aux seuls Francs-maçons.
Pourtant, aucun profane ne peut obtenir ce livret…
Il serait aisé de penser que Mozart pouvait parfaitement fréquenter des Francs-maçons, sans pour cela épouser leurs idées ; il est cependant un fait troublant, que l’on ne peut négliger :
Comment s’est-il procuré ce recueil ?

Mozart a 17 ans lorsque… En 1773, un Franc-maçon important, VON GEBLER, commande à Wolfgang deux chœurs et cinq entractes pour accompagner un drame héroïque : THAMOS, ROI D’EGYPTE, préfiguration de ce que sera un jour la FLUTE ENCHANTEE.
GEBLER est alors ce que l’on appelle un Esprit des Lumières, et l’on accorde également ce nom à GOETHE et à LESSING.
Ce travail avait tout d’abord été proposé à GLUCK qui le refusa, puis à SATTLER, dont il fut mécontent.

Ainsi, Mozart, de 11 à 17 ans se trouve continuellement témoin des interrogations des Francs-maçons et de leur mode de pensée.
A la lecture de ces événements, il pourrait paraître périlleux de prétendre que Wolfgang, si jeune, adolescent, ait pu développer des sentiments dictés par une recherche philosophique.
Il serait logique de raisonner ainsi, dans le cas d’un adolescent ordinaire, mais la personnalité de Mozart est si exceptionnelle qu’il est, connaissant son fonctionnement intellectuel et sensoriel, tout à fait logique de constater son aptitude et ce degré de réception des plus hautes spéculations de l’esprit.
Nous le savons, Mozart exprimait des dons hors normes, en tout.

Préparation du génie : l’effervescence de l’esprit maçonnique

Dès la commande de THAMOS ROI D’EGYPTE, Mozart se posent les vraies questions ; en 1779-1780, l’opéra sera développé et complété.
Mozart effectue sans cesse de nouvelles retouches sur cette œuvre dont le sens commence à lui « parler ».
Ce travail mûri durant 18 années donnera ensuite la Flûte enchantée ; c’est ainsi que les réponses seront apportées. Mais avant d’en arriver à cette étape fondamentale, Mozart a effectué de nombreux voyages et contracté plusieurs maladies mortelles :
- A 6 ans : officiellement, Mozart a la scarlatine. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’un érythème noueux, suite au catarrhe contracté juste avant.

- 7 ans : deux premières crises de fièvre rhumatismale

- 8 ans : fièvre typhoïde (le rendant provisoirement aveugle)

- 9 ans : nouvelle crise de fièvre rhumatismale

- 10 ans : Mozart est atteint de la variole (cicatrices définitives)

- 14 ans : grave maladie contractée en Italie (il gardera le teint jaune)

Il paraît alors raisonnable de penser que Mozart enfant, atteint de si graves maladies, affrontant la mort, la douleur et la cécité, gardant de vilaines cicatrices et de nombreuses gênes, ait pu élever son esprit dans les questions fondamentales de l’existence, s’intéresser aux symboles liés à la vie, revoir la mythologie et nourrir ses facultés exceptionnelles de raisonnement.
En effet, tandis que les enfants de son âge jouaient, courraient, s’organisaient quelque avenir insouciant, Mozart travaillait, composait, interprétait et surtout, se questionnait sans cesse.
D’autres rencontres vont alors conforter les idées naissantes du prodige.
L’année qui précède la mort de sa mère, Mozart fait la connaissance de VON GEMMINGEN, personnage illustre qui deviendra par la suite le Vénérable de la Loge où il sera initié.

1780 : l’ère industrielle peut commencer à s’épanouir car Marie-Thérèse d’Autriche est morte.
Mozart est de retour au pays, sa mère enterrée à Paris, il ne demande qu’à reprendre les contacts avec ses amis Francs-maçons.
Joseph II régénère la Franc-maçonnerie, car il ne s’oppose pas à son existence.
Souvenons-nous que la raison pour laquelle Marie-Thérèse d’Autriche avait lutté avec acharnement contre la Franc-maçonnerie manquait pour le moins de raison d’état : son époux passait trop de temps dans la Loge et en compagnie de ses frères de Loges et de leurs ami(e)s. Marie-Thérèse s’organisa donc pour récupérer son mari volage en interdisant les Tenues maçonniques.
A cette époque, Vienne ne jure que par GLUCK, HAYDN et MOZART ; notre génie de l’harmonie n’est pourtant pas à son aise, les paiements ne sont pas toujours honorés, les commandes se concrétisent avec difficultés.
Il lui faut néanmoins « tenir son rang » et vivre de manière à paraître, se rappeler au souvenir des riches familles.
Mozart doit alors sacrifier son amour-propre pour donner des leçons de musique, prendre des contacts, organiser des réceptions, ou s’y rendre lorsqu’il est invité, se produire et jouer, répéter, prendre des cours de français et d’anglais, déjouer les intrigues mesquines de ses détracteurs et concurrents, emprunter de l’argent, s’amuser et rembourser ses dettes.
Toutes ces activités intenses et parfois même épuisantes, ne l’empêchent pas de composer (d’ailleurs rien ne pouvait constituer une entrave à la composition).
Rien qu’en 1782, sa production est stupéfiante :
- Nouveau final pour le Concerto pour piano N°5
- Mélodie Nehmt meine dank, pour soprano
- Adaptation pour quatuor à cordes de 5 fugues de J.S.Bach
- Prélude et Fugue pour piano en ut majeur (hommage à Bach)
- Suite pour piano en ut majeur
- Fantaisie pour piano en ré mineur
- L’ Enlèvement au Sérail, opéra Singspiel (die Entführung aus dem serail)
Mozart souhaite alors faire ressortir de manière claire que la laideur des sentiments (dissonance) ne peut se résoudre que par l’harmonie des cœurs (consonance).
 Il considère que seules les lois de l’esthétique peuvent contenir le bien et le mal. Mozart est donc, bien que profane, déjà sérieusement éclairé, son esprit s’élève vers une philosophie d’ordinaire inaccessible aux jeunes de son âge.
En effet, L’ENLEVEMENT AU SERAIL comporte déjà de nombreux éléments qui soulignent l’esprit de liberté anglaise (berceau de la Franc-maçonnerie), par le personnage de Blonde.
Doit-on alors s’étonner encore que Wolfgang continue sa production cette même année en composant :
- Sérénade en ut mineur
- Sérénade-Symphonie " Haffner " en ré majeur
- Marche en ré majeur pour accompagner la sérénade
- Sonate pour piano et violon en ut majeur
- Sonate pour piano et violon en la majeur
- Adagio-fantaisie pour piano en ut mineur
- Aria " in te spero, o sposo amato " pour soprano
- Quintette pour cor et cordes en mi bémol majeur
 - Allegro pour cor N° 1 en ré majeur
- Concerto pour piano en la majeur
- Concerto pour piano en fa majeur
 - Concerto pour piano en ut majeur
- Quatuor à cordes en sol majeur
Combien de compositeurs pouvaient hier, et peuvent aujourd’hui, tenter ne serait-ce que d’égaler cette production, tant en qualité qu’en terme de quantité ?

L’année 1783, le fameux GEMMINGEN que connaît Mozart installe sa propre Loge Maçonnique à Vienne ; il invite Mozart à s’y joindre…pour y jouer le rôle de musicien.
Toutes les hésitations de Mozart s’entendent parfaitement dans L’ANDANTE CON MOTO du quatuor à cordes en mi bémol majeur (K 428).
Cette année là, bien qu’il hésite encore à rejoindre son ami dans la Loge, il composera néanmoins un nombre exceptionnel d’œuvres :
- Messe solennelle en ut mineur
- Récitatif et Air de " ah, non sai… ", pour soprano
- Ariette " Manner suchen stets ", pour basse
- Air " Müsst’ich auch", pour ténor
- Quatuor à cordes pour une pantomime de carnaval
- Six variations pour piano en fa majeur
- Concerto pour cor N° 2
- Quatuor à cordes en ré mineur
- Air " Vorrei spiegarvi… ",pour soprano
- Air " no, no, che non sei capace… ", pour soprano
- Air de " per pieta, non ricercate… ", pour ténor
- Duo pour violon et piano en sol majeur
- Duo pour violon et alto en si bémol majeur
- Symphonie en ut majeur, dite " de Linz "
- Adagio-maestoso pour une symphonie en sol majeur
- L’oie du Caire, opéra-buffa (limité aux esquisses)
- Récitatif et Air " Misero, o sogno… ", pour ténor (Adamberger)
- Récitatif et Air " Aspri rimorsi atroci… ", pour basse
- Fugue pour deux pianos en ut mineur
- Concerto pour cor N°3 en mi bémol majeur
- Quatuor à cordes en mi bémol majeur
Mozart en cette période aura donc composé l’équivalent de deux œuvres par mois !
Cette production, alors qu’il envisage tout juste d’entrer dans la Franc-maçonnerie, et que certaines de ses œuvres sont déjà fortement inspirées par l’Egypte, contiennent un bon nombre de symboles maçonniques, autant soufflés par les traditions des bâtisseurs de pyramides que ceux des bâtisseurs de cathédrales.
Mozart envoie sa lettre de candidature à la Loge ZUR WOHLTHATIGKEIT en novembre 1784.
Il a 28 ans…

L’initiation : entrée dans la Lumière

Le 14 décembre 1784, Wolfgang entre dans la Franc-maçonnerie ; mais on n’y entre pas comme dans un Théâtre.
Il attend, seul dans un cabinet de réflexion, où sont posés quelques symboles qu’il reconnaît.
Il distingue à peine, dans la pénombre, les marques des principes fondamentaux.
Une inscription capte son attention : Mozart en connaît la signification car il a déjà visité l’intérieur de son être et se corrige depuis longtemps pour trouver le meilleur de lui-même, son Moi profond rayonnant.
Mozart est un être doux, pur et sensible, ne l’oublions pas, venu pour chercher la Lumière.
Bien qu’il soit seul dans cette recherche, il expliquera par la suite, dans ses divers échanges de correspondance, combien cette escale l’aura marqué, et comme elle lui aura permis de différencier l’essentiel du dérisoire, la dissonance opposée à la noblesse de l’âme.
Ils seront nombreux à s’illustrer dans cette quête ; d’ailleurs, n’appelle-t-on pas cette ère « siècle des Lumières » ?
On lui apporte un document vierge ; Wolfgang en rédige le contenu, dont les références suggestives et opératives se retrouveront dans son testament philosophique, composé en triptyque par LA FLUTE ENCHANTEE, LA CLEMENCE DE TITUS et LE REQUIEM.
Dans l’attente et l’émotion des instants qui suivront, Wolfgang reste silencieux, mais déterminé.
Bien qu’il ignore à cet instant le nom de ceux qui accompagneront son voyage introductif, la listes des noms figurera néanmoins dans de nombreux documents historiques, précieusement conservés.
Les signatures autographes attestent la présence de quelques illustres personnalités dont Mozart emprunte ce soir, vers vingt heures, le sillage spirituel.
Alors commence son initiation ; une odyssée dont l’émotion et les significations n’appartiendront qu’à lui.
Mozart laisse mourir l’ancien Mozart et prépare la naissance du frère Wolfgang, Apprenti Maçon.
Il découvre alors ce qu’est le Secret Maçonnique… Il est ébloui, émerveillé.
Ce bouleversement guidera le reste de son existence, sans jamais le détourner de sa foi chrétienne.
D’ailleurs, au soir de son initiation, un prêtre et un moine sont présents dans le Temple.
Initiés, eux aussi. Mozart rencontre les Arcanes qui lui enseigneront les allégories et les symboles de sa Loge.
Il retrouve une doctrine sans dogme, une Tradition basée sur une érudition gigantesque : Les numériques : Lumières, Batteries, Escaliers, Age, Années, Heures. Les géométriques : Triangles, Carrés, Pentagones, Hexagones… Pratiques : Outils, Colonnes, Epées… Décoratifs : Couleurs, Tabliers, Sautoirs, Bijoux… Conceptuels : Références, Origines, Formules, Lettres…
Son entrée dans la vie maçonne par la conjonction du Rituel, de la tradition et du symbole va porter Mozart vers la Lumière.
A l’issue ce cette cérémonie, Wolfgang ne sera plus jamais le même ; quoi qu’il advienne, il est Apprenti, le voici Franc-maçon et cela ne peut être effacé.
Sa production musicale est encore modifiée, enrichie par les nouveaux symboles auxquels il a désormais accès.
Mozart a des ailes. Il est cependant condamné au silence durant quelques temps ; le temps de passer au grade de Compagnon.
La maturité accomplie : une ampleur prodigieuse
Le 7 janvier 1785, Wolfgang est promu au grade de compagnon à la Loge ZUR WAHREN EINTRACHT.
Le 10 janvier, il achève le quatuor à cordes en la majeur (K464) dont l’andante se réfère au rituel de réception Maçonne.
Mozart n’a déjà plus que quelques années à vivre, il n’ignore rien de ses fragilités mais la musique le porte vers ce que certains nommeraient l’insouciance. Ou encore la béatitude.
Cependant rien de cela ne l’habite ; ni insouciant, ni sottement béat, Wolfgang effectue de nombreux calculs sur les originaux de ses partitions.
Déjà, par de nombreux courriers, il adresse à quelques frères de poignantes suppliques ; les allusions aux travaux maçonniques sont rares dans sa correspondance.
Le lecteur attentif saura néanmoins retrouver les parenthèses paraboliques, à défaut d’en décrypter le sens précis.
Le 13 janvier de la même année, Mozart est élevé au grade de Maître.
Faut-il s’étonner de la rapidité avec laquelle le génie franchit ces étapes ?
Quatre jours plus tard, il compose un quatuor à cordes en ut majeur (K465) qui se réfère au grade de compagnon ; il participe également à la réception d’ANTON TINTI au sein de la loge ZUR WAHREN EINTRACHT.
Le 27 janvier 1785, Mozart participe à une tenue particulière ; la loge ZUR WAHREN EINTRACHT attend la venue de HAYDN pour son initiation. Wolfgang est présent, animé par une émotion qui lui rappelle déjà son propre passage d’état de profane à celui d’apprenti.
Mais Haydn ne viendra pas… Enfin pas ce jour là.
Le 11 février de la même année, HAYDN se présente à la porte du Temple, il frappe trois coups à son tour et demande à être reçu…
S’en suit un voyage initiatique, dont la teneur et les impressions resteront à jamais, aux yeux de Mozart, indicibles aux profanes.
Wolfgang n’a pu prendre part à cette cérémonie ; il était à MEHLGRUBE, en concert pour la première interprétation de son concerto pour piano en ré mineur (K466). Il joua lui-même la partie soliste. Le samedi soir, Léopold, Haydn et les deux barons (l’un était Tinti) ont participé à une fête dans le somptueux appartement de Mozart, dans la Domgasse, face à la cathédrale de Saint Etienne. Wolfgang avait réservé une surprise à son ami Haydn ; trois nouveaux quatuors, réputés plus faciles que les trois précédents, dédiés à Haydn également, cependant toujours aussi prodigieux.
C’est ce soir là, dans cet appartement, après avoir entendu les six quatuors qui lui sont dédiés (K 387,421,428,458,464,465) que Haydn dira de Wolfgang à son père :
" je vous le dis devant Dieu, en homme respectable, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, personnellement ou de nom : il a du goût, et en outre la plus grande science de la composition. "
Le partage de l’ineffable se fera entre les deux hommes durant les années qui suivront.
En mars 1785, Mozart termine le concerto en ut majeur (K 467) dont une partie est fortement maçonnique.
L’andante fait clairement allusion au troisième grade, celui de Maître.
Wolfgang sait déjà que son père se prépare à entrer en Maçonnerie ; sa candidature est posée et acceptée.
Comment deviner les sentiments confus qu’éprouva peut-être Mozart ?
Son père si redouté, allait devenir son frère ; il entrerait même bientôt, en toute humilité, au grade d’Apprenti, et découvrirait alors, que son fils est Maître.
Les échanges de correspondances entre les deux hommes se teinteront de profonde complicité inhabituelle à dater de cette période.
6 avril 1785, Wolfgang regarde son papa effectuer son propre parcours initiatique.
Il s’émeut de voir Léopold, d’ordinaire si rigide, ébranlé par la révélation du secret maçonnique ; son visage s’éclaire alors et tout est dit entre eux.
Le lendemain, un somptueux banquet réunit les deux hommes ; Léopold repart ensuite pour Salzbourg.
Wolfgang ignore qu’il ne reverra jamais son père.
Au fil des mois Wolfgang participe aux tenues régulières et compose de nombreuses œuvres destinées à être jouées lors des réceptions des loges maçonnes.
Mozart " voyage " et participe aux tenues de la ZU DEN DREI ADLERN, ainsi qu’à celles de ZUR GEKRONTEN HOFFNUNG.
Il s’absente lors de ses problèmes de santé et profite toujours de ses convalescences pour composer quelques merveilles supplémentaires.
Des odes funèbres à l’occasion du décès de frères, en passant par la mise en musique de plusieurs poésies, il s’impose entre temps le travail d’une cantate (K 429) destinée aux fêtes de la St Jean d’été.
Malgré la ferveur qui l’inspire, il n’achèvera jamais cette œuvre.
Et toujours, dans ses lettres adressées à ses frères maçons, les mêmes suppliques, les mêmes humiliations d’ordre matériel : le besoin d’argent.
Bien que les sommes qui lui seront prêtées seront rarement à la mesure de sa demande, la générosité de ses amis demeurera l’écho de leur esprit de fraternité.
Haydn cesse un temps de fréquenter les loges ; son immense foi se trouve parfois un peu dérangée par les principes maçonniques ; il est vrai que Mozart participe parfois aux tenues d’une autre loge, où les agapes qui clôturent les rencontres sont assez joyeuses et réputées libertines.
Les loges féminines d’adoption commençaient à animer la curiosité des messieurs et les rencontres furent vraisemblablement l’occasion de quelques rapprochements entre Francs-maçons et Franc-maçonnes.
L’amitié des deux musiciens n’en sera cependant jamais affaiblie. 1790, Mozart participe à une réception ; un tableau magnifique représentant cette cérémonie est achevé.
L’œuvre est anonyme, cependant quelques personnages illustres sont présents, et leur décès permettra de dater avec précision le jour de cette cérémonie.
Dès l’été de l’année 1791, Mozart est en proie à de terribles crises douloureuses ; la maladie le ronge petit à petit.
Quelque chose en lui annonce sa mort pour les mois à venir ; il se sent parcouru d’un froid indicible.
Son teint était très pâle et sa mine triste. Il est atteint d’une profonde mélancolie et chaque départ d’un ami, chaque adieu murmuré, le fait fondre en larmes.
Sa maladie porte un nom que l’on connaît aujourd’hui : syndrome de Schoenlein-Henoch.
Sa progression est lente, douloureuse et surtout fatale.
Mozart ne craint pas la mort ; cette étape lui semble douce et obligatoire, pour atteindre une vie meilleure, un monde où tous ceux qui s’aiment se retrouvent.
Lorsqu’il apprendra la maladie de son père, Léopold, il lui écrira :
« comme la mort (à y regarder de près) est le vrai but final de notre vie, je me suis, depuis quelques années, tellement familiarisé avec cette véritable et parfaite amie de l’homme que son image non seulement n’a plus rien d’effrayant pour moi, mais m’est très apaisante, très consolante. »
Lorsque l’heure sonna pour Mozart, il sût garder sa sérénité, bien que son esprit soit torturé par l’idée de laisser sa chère Constanze seule et sans revenus.
Il demanda à sa belle-sœur de rester présente en disant :
« j’ai déjà le goût de la mort sur la langue, qui soutiendra ma chère Constanze si ce n’est ma chère belle-sœur ? »
Mozart ne se soucia pas de sa fin.
Cependant, le requiem inachevé le contrarie.
Tout est pourtant dit dans trois de ses principales œuvres, sur lesquelles il travaillait simultanément et dont les symboles maçonniques n’apparaissent pas toujours aux profanes : La Clémence de Titus, La Flûte Enchantée, le Requiem.
Sa foi, les certitudes, les doutes, l’espérance.
Son esprit est déjà dans un ailleurs dont nous ignorons tout…
Ses frères maçons se réunirent en tenue funèbre à l’occasion du décès de leur cher frère passé à l’Orient Eternel ; une oraison funèbre fut imprimée et lue devant tous les frères.
C’est KARL PHILIPP HENSLER qui prononcera ce texte.
Il subsiste actuellement un seul et dernier exemplaire de ce recueil.

En voici la copie :
« Le Grand Architecte de l’Univers vient d’enlever à notre Chaîne fraternelle l’un des maillons qui nous étaient les plus chers et les plus précieux. Qui ne le connaissait pas ? Qui n’aimait pas notre si remarquable frère Mozart ? Il y a peu de semaines, il se trouvait encore parmi nous, glorifiant par sa musique enchanteresse l’inauguration de ce Temple. Qui de nous aurait imaginé qu’il nous serait si vite arraché ? Qui pouvait savoir qu’après trois semaines, nous pleurerions sa mort ? C’est le triste destin imposé à l’Homme que de quitter la vie en laissant son œuvre inachevée, aussi excellente soit-elle. Même les rois meurent en laissant à la postérité leurs desseins inaccomplis. Les artistes meurent après avoir consacré leur vie à améliorer leur Art pour atteindre la perfection. L’admiration de tous les accompagne jusqu’au tombeau. Pourtant, si des peuples pleurent, leurs admirateurs ne tardent pas, bien souvent, à les oublier. Leurs admirateurs peut-être, mais pas nous leurs frères La mort de Mozart est pour l’Art une perte irréparable. Ses dons, reconnus depuis L’enfance, avaient fait de lui l’une des merveilles de cette époque. L’Europe le connaissait et l’admirait. Les Princes l’aimaient et nous, nous pouvions l’appeler : " mon frère ". Mais s’il est évident d’honorer son génie, il ne faut pas oublier de célébrer la noblesse de son cœur. Il fut un membre assidu de notre Ordre. Son amour fraternel, sa nature entière et dévouée, sa charité, la joie qu’il montrait quand il faisait bénéficier l’un de ses frères de sa bonté et de son talent, telles étaient ses immenses qualités que nous louons en ce jour de deuil. Il était à la foi un époux, un père, l’ami de ses amis, et le frère de ses frères. S’il avait eu la fortune, il aurait rendu une foule aussi heureuse qu’il l’aurait désiré. »

Voici donc par quels mots les frères de Mozart furent invités à pleurer ensemble la disparition du plus grand génie de la musique que la terre ait porté ; Mozart était un Homme Éclairé, pétri d’émotions, dans l’action comme dans la méditation, empli de contraires et d’additions, idéaliste et réaliste, relié à l’essentiel par son cœur et la musique.
Le soir de cette tenue, la tristesse n’avait d’égale que l’espoir de le retrouver dans un monde heureux, où le temps n’agirait plus.
Au même moment, Constanze découvrait sous ses fenêtres les hurlements d’une foule en larme, silhouettes anonymes agitant des mouchoirs blancs.
Oui, le peuple était atterré par la mort de Mozart, mais l’usage n’était pas d’accompagner le cercueil.
Et d’ailleurs, comment croire que ses chers frères qui ne cachaient nullement leur appartenance à la Franc-maçonnerie, auraient laissé le corps de Mozart faire son ultime voyage dans la solitude absolue si ce n’était la tradition qui l’exigeait ?
Cela eût été une parfaite contradiction avec toute leur philosophie.
Et de toutes façons, ils étaient certains de se retrouver.

CONCLUSION

Il a composé un concerto à 5 ans, une symphonie à 7 ans et tout un opéra a 12 ans !
Parmi les grands compositeurs, Mozart est le seul à avoir abordé tous les genres musicaux avec le même intérêt et le même génie.
Il a laissé pour chacun d'entre eux des oeuvres grandioses et fut le premier à revendiquer la liberté d'expression.
Il a énormément influencé ses successeurs.
Sa mort à trente cinq ans est une perte inestimable pour la musique.
On imagine la qualité des oeuvres qu'il aurait laissées s'il avait pu vivre assez longtemps pour rivaliser avec Beethoven et Haydn.
Il nous laisse environ 650 œuvres !!!!

Tout ce qu’il me reste à vous dire sur Mozart, c’est ... écoutez son oeuvre !

Comme tout le monde sait, Mozart fut enterré dans une fosse commune, mais pas jeté n'importe comment. A l'époque, dans les fosses communes, on enterrait 16 personnes, par rangée de quatre corps, sur quatre. Les fosses étaient retournées tous les dix ans, et le fossoyeur qui avait enterré Mozart en 1791, a récupéré son crâne en 1801. Ses dernières symphonies furent créées sous la direction de son élève Franz Xaver Süssmayr (1766-1803), qui paracheva la composition du Requiem Mozart exprimait ses sentiments dans sa musique. Il ne s'est jamais considéré comme un musicien sévère et profond.
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À propos de nicolas martello

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