Petite chronologie sélective du folklorisme

1800
Joseph-Marie de Gerando publie ses Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l’observation des peuples sauvages.

1805
Création de l’Académie celtique qui se donne pour tâche de "retrouver le passé de la France, recueillir les vestiges archéologique, linguistique et coutumier de l’ancienne civilisation gauloise".

1807
Questionnaire de l’Académie celtique.

1807-1812
Les Coquebert de Montbret père et fils recueillent la traduction de la Parabole de l’Enfant prodigue dans les "différents idiomes usités en France".

1839
Première édition du Barzaz Breiz du Vicomte Théodore Hersart de La Villemarqué, épopée armoricaine sur le modèle de Fingal, an ancient epic poem … composed by Ossian de l’écossais Macpherson (1761).

1er octobre 1842
Naissance de Charles Cros, inventeur du "paléophone" en 1877.

1843
Début de la publication de la collection des Chants et chansons populaires de la France, Librairie Garnier, 27 volumes.

1844
Frédéric Rivarès publie ses Chansons et airs populaires du Béarn.

1845
Narcisse Achille Salvandy, ministre de l’Instruction publique charge une Commission des chants religieux et historiques de la France de recueillir et publier les chants populaires.

1851-1852
De Dumersan publie ses Chansons nationales et populaires de la France.

1852
Sur un rapport d’Hippolyte Fortoul, ministre de l’Instruction publique et des cultes, Napoléon III signe le 13 septembre un décret ordonnant la publication d’un Recueil général des poésies populaires de la France.

Arrêté d’Hippolyte Fortoul fixant l’organisation du Comité de la Langue, de l’Histoire et des Arts de la France chargé de "la préparation des Instructions qui devront être adressées […] aux correspondants du Ministère".

1853
Jean-Jacques Ampère rédige l’essentiel des Instructions de l’enquête Fortoul envoyées aux correspondants départementaux du Comité parisien.

Rathéry publie une série d’articles intitulée Des chansons populaires et historiques de la France, dans le Moniteur universel.

1853-1860
Joseph d’Ortigue dresse un plan d’études visant à mettre en relation les systèmes musicaux des différents peuples avec des climats, des moeurs, des langues. Il propose de nommer cette analyse "ethnographie musicale", bien avant Tiersot (voir en 1905).

1854
Frédéric Mistral, Joseph Roumanille et Théodore Aubanel fondent le Félibrige.

1856
Edmond de Coussemaker publie les Chants populaires des Flamands de France.

Eugène de Beaurepaire publie son Etude sur la poésie populaire en Normandie et spécialement dans l’Avranchin.

J. F. Eusèbe de Castaigne publie Six chansons populaires de l’Angoumois.


1857
Etablissement de l’inventaire des répertoires amassés pendant l’enquête Fortoul. La publication du Recueil général des poésies populaires de la France ne verra jamais le jour. Les manuscrits sont déposés à la Bibliothèque nationale en 1876.

1859
Paul Broca fonde la Société d’Anthropologie de Paris.

1860
Champfleury publie ses Chansons populaires des provinces de France (quatrième volume de la collection des Chants et chansons populaires de la France (cf 1843).

1862
Damase Arbaud publie le premier tome de ses Chants populaires de la Provence.

1863
Max Buchon publie ses Noëls et chants populaires de Franche-Comté.

1863-1864
Prosper Tarbé publie son Romancero de Champagne, en 5 volumes.

1864
Second volume des Chants populaires de la Provence de Damase Arbaud.

Durieux et Bruyelle publient le premier volume des Chants et chansons populaires du Cambrésis.

1865
Le comte de Puymaigre publie ses Chants populaires recueillis dans le pays messin.

1866
Jérôme Bujeaud publie ses Chants et chansons populaires des provinces de l’Ouest, en 2 volumes

21 février 1867
Communication de François-Joseph Fétis à la Société d’Anthropologie de Paris Sur un nouveau mode de classification des races humaines d’après leurs systèmes musicaux.

1867-1868
Fondation de la Société pour l’étude des langues romanes, à Montpellier.

1868
François-Marie Luzel publie le premier tome de ses Chants et chansons de la Basse-Bretagne.

Cénac-Moncaut publie une Littérature populaire de la Gascogne.

1870
La Société pour l’étude des langues romanes publie la Revue des langues romanes.

Création de la Revue celtique.

1872
Gaston Paris et Paul Meyer fonde la revue Romania.

1873
Ph. Kuhff publie Les enfantines du bon pays de France.

1873-1875
Subventionnés par le Ministère de l’Instruction publique, les félibres montpelliérains Octavien Bringuier et Charles de Tourtoulon mènent une enquête pour déterminer la limite géographique entre les parlers de langue d’oïl et ceux de langue d’oc sur le territoire français.

1876
Dépôt des manuscrits de l’enquête Fortoul (voir 1852, 1853, 1857) à la Bibliothèque nationale.

1877
Henri Gaidoz et Eugène Rolland fonde la revue Mélusine. Elle cesse de paraître la même année, avant de réapparaître en 1884.

30 avril 1877
Charles Cros dépose à l’Académie des Sciences un pli cacheté où il décrit un "procédé d’enregistrement et de reproduction des phénomènes perçus par l’ouïe" qu’il nomme "paléophone".

17 novembre 1877
Thomas Alva Edison annonce dans le Scientific American qu’il vient de mettre au point "une invention merveilleuse, la parole susceptible de répétitions infinies, grâce à des enregistrements automatiques".

29 novembre 1877
Edison baptise son invention "Phonograph".

3 décembre 1877
Pour marquer son antériorité sur Edison, Charles Cros demande à l’Académie des Sciences d’ouvrir et de lire en séance publique son pli décrivant le paléophone.

15 décembre 1877
Edison rédige une demande de brevet pour son phonographe aux Etats-Unis (le 15 janvier 1878 en France).

11 mars 1878
Le phonographe d’Edison est présenté à l’Académie des Sciences.

18 avril 1878
Charles Cros dépose un brevet où il énonce les principes de l’enregistrement sonore moderne. Il ne verra jamais la réalisation de ses brevets.

1878
Thomas Alva Edison crée une société d’exploitation du phonographe intitulée The Edison speaking phonograph company.

Création du Musée d’ethnographie du Trocadéro à Paris (rattaché à la chaire d’anthropologie du Muséum national d’histoire naturelle), le docteur Ernest Hamy en est le premier conservateur.

1878-1908
Louis-Albert Bourgault-Ducoudray occupe la chaire d’histoire de la musique au Conservatoire.

1879
Anatole Loquin publie Les mélodies populaires de la France.

1881
Louis-Albert Bourgault-Ducoudray parcourt la Bretagne, chargé d’investigation par le Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.

1881-1903
Publication de la quarantaine de volumes des Littératures populaires de toutes les nations sous la direction de Paul Sébillot.

1883
Charles Guillon publie ses Chansons populaires de l’Ain.

Eugène Rolland publie le premier volume de son Recueil de chansons populaires.

1884
Musée d’ethnographie du Trocadéro : Armand Landrin crée une Salle de France.

Reparution de la revue Mélusine.

1884-1890
Parution des volumes 2 à 6 du Recueil de chansons populaires d’Eugène Rolland.

1885
Louis-Albert Bourgault-Ducoudray publie ses Trente mélodies de Basse-Bretagne.

[ca] 1885
Paul Sébillot, Loys Brueyre, Henri Gaidoz et Eugène Rolland créent les Dîners de ma mère l’oye.

1886
Paul Sébillot fonde la Société des traditions populaires qui publie la Revue des traditions populaires.

Jean-Baptiste Weckerlin publie La chanson populaire.

1887
Emile Blémond et Henry Carnoy, membres de la Société des Traditionistes, fondent la revue La tradition, organe de la Société.

L’abbé Pierre-Jean Rousselot et Jules Gilliéron fondent la Revue des patois gallo-romans. Elle cesse de paraître en 1893.

Léon Clédat fonde la Revue des patois : recueil trimestriel, consacré à l’étude des patois et anciens dialectes romans de France et des régions limitrophes.

1887-1888
La Revue des patois devient la Revue de philologie française et de littérature dont elle constitue les tomes I et II.

1888
Alès : Gaston Paris lance un appel pour la collecte des patois.

9 août 1888
Mort de Charles Cros dans le dénuement.

1889
Julien Tiersot publie une Histoire de la chanson populaire en France.

1889-1896
La Revue de philologie française et de littérature devient la Revue de philologie française et provençale. Elle correspond aux tomes III à X de la Revue des patois (de 1887) de Léon Clédat.

1892
L’abbé Pierre-Jean Rousselot, fondateur de la phonétique expérimentale soutient sa thèse pour l’obtention du doctorat ès lettres en Sorbonne : Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d’une famille de Cellefrouin (Charente, 1891).

1893
La revue Correspondance générale de l’instruction primaire lance l’idée d’un recueil de chants à l’usage des écoles primaires et ouvre un concours pour la composition de ce recueil. Le projet de Julien Tiersot : adopter des textes nouveaux sur des chants populaires, est retenu. Maurice Bouchor est sélectionné pour les textes.

Le Bulletin de la Société des parlers de France tente de prendre la suite de la Revue des patois gallo-romans fondée en 1887 par l’abbé Rousselot et Jules Gilliéron. Il cesse de paraître en 1900.

1894
Julien Tiersot publie les Types mélodiques de la chanson française.

Charles Bordes fonde la Schola Cantorum, société de musique religieuse, qui devient école de musique en 1896 (fondée par Bordes, Grulmant et d’Indy).

1895
Suite au concours de 1893, publication de la première série de Chants populaires pour les écoles.

1895
Gustave Boucher crée la Société d’ethnographie nationale et d’art populaire.

1897-1900
Jules Gilliéron et son enquêteur Edmond Edmont réalisent l’Atlas linguistique de la France en parcourant 639 localités du territoire gallo-roman.

1898-1899
Hubert Pernot, futur directeur de l’Institut de phonétique et des Archives (puis du Musée) de la parole effectue deux missions en Crête durant lesquelles il recueille des airs de danses et des mélodies populaires grâce à un enregistreur-reproducteur de cylindres gramophone Columbia.

1899
Arles : Création du Museon Arlaten par Frédéric Mistral.

1900
Exposition universelle de Paris : Congrès international d’histoire de la musique :
Le Congrès exprime un voeu : "qu’il se fonde une société internationale dans le but de recueillir par des moyens phonographiques, les mélodies populaires de tous les pays…".

Exposition universelle de Paris : 4e Congrès international des traditions populaires :
Présentation des travaux et des projets du Hongrois Béla Vikar, le premier a avoir utilisé le phonographe sur le terrain en Europe, en 1895-1896.

Communication de Léon Azoulay, membre de la Société d’anthropologie de Paris : Ressources que les traditions populaires peuvent tirer de l’emploi du phonographe.

Dans le cadre de l’Exposition universelle, Azoulay enregistre 400 cylindres de chants, dialectes… de tous les pays (une quarantaine concerne le domaine français) (voir aussi en 1943).

1902
Publication de la deuxième série de Chants populaires pour les écoles (voir 1893 et 1895).

1902-1910
Publication de l’Atlas linguistique de la France de Jules Gilliéron.

1903
Julien Tiersot publie ses Chansons recueillies dans les Alpes françaises.

Jean-Baptiste Weckerlin publie ses Chansons populaires des pays de France, en 2 volumes.

1904
G. Oncieux publie son Romancero populaire de France.

1905
Charles Bordes, fondateur de la Schola Cantorum (voir 1894) fonde la Société "Les chansons de France", avec le concours d’Yvette Guilbert, Louis-Albert Bourgault-Ducoudray, Déodat de Séverac…

1905-1910
Julien Tiersot publie ses Notes d’ethnographie musicale.

1906
Paul Sébillot publie son Folklore de France.

1906-1913
La Société "Les chansons de France" publie la revue trimestrielle Les chansons de France où Bourgault-Ducoudray lance un appel à la collecte phonographique des chansons populaires.

1907
Publication de la troisième série de Chants populaires pour les écoles (voir 1893 et 1895).

1909
Maurice Bouchor publie les Chants populaires pour les écoles.

1909-1912
Bretagne :
Collectes phonographiques sur le terrain par François Vallée, professeur à Saint-Brieuc qui enregistre plusieurs dizaines de cylindres. La plupart de ces enregistrements sont cités et commentés in : Duhamel, Maurice, Les quinze modes de la musique bretonne, Paris, 1911.

1911
Université de Paris :
Création des Archives de la parole dans le cadre d’un Institut de phonétique par le grammairien et historien de la langue française Ferdinand Brunot, avec l’aide d’Emile Pathé. Il s’agit de la première institution française dédiée à l’enregistrement et à la conservation de phonogrammes (enregistrements de voix célèbres, méthodes de langues, collectes sur le terrain…).

Juin-juillet 1912
Université de Paris, Archives de la parole :

Juin 1913
Université de Paris, Archives de la parole :

Août 1913
Université de Paris, Archives de la parole :

1913
Maurice Emmanuel publie ses Chansons bourguignonnes du pays de Beaune.

1920
Université de Paris, Archives de la parole :
Le phonéticien Jean Poirot succède à Ferdinand Brunot à la tête de l’Institut de phonétique et des Archives de la parole.

1923
Onzième Congrès de la Société française "L’Art à l’école", exclusivement consacré au chant et à la musique à l’école.

1924
Université de Paris, Archives de la parole :
L’helléniste Hubert Pernot prend la direction de l’Institut de phonétique et des Archives de la parole.

1925
Loi sur le dépôt légal des oeuvres cinématographiques, photographiques et phonographiques.

Université de Paris :
Création de l’Institut d’ethnologie par Paul Rivet, Lucien Lévy-Bruhl et Marcel Mauss.

Publication de l’anthologie du chant scolaire et post-scolaire et sa série des Chansons populaires des provinces de France (série de 10 fascicules consacrés chacun à une région de France, comprenant 20 chansons).

1926-1939
Université de Paris, Institut d’ethnologie :
Cours de Marcel Mauss : Instructions d’ethnographie descriptive.

1927
Université de Paris, Archives de la parole :
Un décret du 11 août 1927 dote l’Institut de phonétique de l’Université de Paris de statuts et transforme les Archives de la parole en Musée de la parole et du geste.

1928
Tchécoslovaquie, Prague : Premier Congrès International des Arts Populaires : 
Hubert Pernot signe les 8 articles de décisions et résolutions du Congrès en matière de chants et mélodies populaires dont :
Recommandation d’enregistrement phonographique des chants et mélodies populaires par les différents gouvernements.

Décision de créer une "Société internationale de musique populaire" placée sous les auspices de la Société des Nations et plus précisément de l’Institut International de Coopération Intellectuelle. Société chargée notamment d’établir un bilan international des publications d’ouvrages et d’enregistrements sur les musiques populaires (voir en 1934 et en 1944)

Université de Paris, Musée de la parole :
Mission de collecte phonographique d’Hubert Pernot en Roumanie.

Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Rénovation du Musée d’ethnographie du Trocadéro par Georges-Henri Rivière et André Schaeffner pour le domaine musical (Paul Rivet est titulaire de la chaire d’anthropologie du Muséum national d’histoire naturelle).

1929
Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Organisation d’un Département d’organologie musicale par André Schaeffner (alors secrétaire musical de l’Orchestre symphonique de Paris).

Université de Paris, Musée de la parole :
Mission de collecte phonographique d’Hubert Pernot en Tchécoslovaquie.

Première assemblée générale de la "Société du folklore français" (projet de Marcel Sembat, repris par André Varagnac, M. Mauss, L. Lévy-Bruhl…).

(La Société stimulera des émulations régionales. Elle sera domiciliée au Musée national des Arts et traditions populaires à partir de 1937).

1930
Université de Paris, Musée de la parole :
Mission de collecte phonographique d’Hubert Pernot en Grèce.

Société du folklore français :

Création de la Revue du folklore français (une des rares tribunes nationales spécialisées sur la France à l’époque).

Questionnaire sur le folklore enfantin institué par les éditeurs du Manuel général de l’Instruction publique(patronné par Vincent d’Indy, Joseph Canteloube, H. Pernot, P. Rivet, A. van Gennep…).

1931
Revue de musicologie, novembre 1931, n° 40, pp. 233-267 :
Constantin Brailoiu publie : Esquisse d’une méthode de folklore musical (1er document du genre en Europe).

Tchécoslovaquie, Prague :
Publication des travaux du Premier Congrès International des Arts Populaires de Prague de 1928.

Exposition coloniale internationale de Paris :
Hubert Pernot et Philippe Stern pour le Musée de la parole, en collaboration avec Pathé, enregistre plus de 500 documents de "chants, musiques et dialectes indigènes de nos possessions d’Afrique, d’Asie, d’Océanie".

Julien Tiersot publie La chanson populaire et les écrivains romantiques.

1931-1933
Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Mission Dakar-Djibouti dirigée par Marcel Griaule (y participent également Michel Leiris, André Schaeffner…).

1932
Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Adjonction d’une phonothèque au Département d’organologie musicale, organisée par A. Schaeffner (la première collection de disques à y entrer est celle enregistrée en 1931 par le Musée de la parole à l’Exposition coloniale de Vincennes).

Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Le Département d’organologie musicale prend le nom de "Département d’ethnologie musicale".

1932-1937
Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Le Département d’organologie musicale accueille Curt Sachs.

1932
Université de Paris : Musée de la parole :
Le phonéticien Pierre Fouché prend la direction de l’Institut de phonétique et du Musée de la parole et du geste. Roger Dévigne est nommé sous-directeur du Musée de la parole et du geste (il en sera de fait le directeur effectif).

Musée Guimet :
Création d’une section musicale consacrée à l’Asie, créée par Philippe Stern (ancien attaché du Musée de la parole).

Congrès de musique arabe du Caire :
Tenu à l’initiative du baron Rodolphe d’Erlanger ; avec la participation de Béla Bartok, Paul Hindemith, Erich Moritz von Hornbostel, Curt Sachs, Philippe Stern…

360 matrices de 78 tours sont enregistrées pendant le Congrès. Deux collections en sont données à la France : l’une au Musée Guimet, l’autre au Musée de la parole.

La Revue du folklore français devient la Revue de folklore français et de folklore colonial

1933
Patrice Coirault publie ses Recherches sur notre ancienne chanson populaire traditionnelle.

1934
La Commission Internationale des Arts Populaires (C.I.A.P.) et l’Institut International de la Coopération Intellectuelle (à la Société des Nations) publient : Musique et chansons populaires.

(Longue préface du hongrois Lazlo Lajtha pour une normalisation des travaux de collecte (voir aussi en 1944). Bilan international des publications d’ouvrages et d’enregistrements de musiques populaires (cf 1928). Le bilan français est établi par Julien Tiersot.

Fondation de la Commission des recherches collectives, présidée par l’historien Lucien Fèbvre (sa création élargit les instances consacrées à la recherche ethnographique en France. Elle diffuse une série de questionnaires et participe aux collectes concernant le folklore enfantin).

Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Claudie Marcel-Dubois prend en charge la phonothèque du Département d’ethnologie musicale.

1935
Musée d’ethnographie du Trocadéro :
Edition de 2 disques de musique de Tahiti et des Tuamotu enregistrés sur cylindres par A. Ropiteau (sous l’étiquette de la Société des Amis du Musée d’ethnographie du Trocadéro).

1935-1936
Dans La Hune, Beaucomont publie Les formulettes enfantines.

1936
André Schaeffner publie : Origine des instruments de musique : introduction ethnologique à l’histoire de la musique instrumentale.

P. Saintyves (pseudonyme d’Emile Nourry) publie son Manuel de folklore.

1937
Création d’un Département des Arts et Traditions Populaires au sein des Musées nationaux, qui allait gérer le Musée national des Arts et Traditions Populaires (1ère structure officielle du genre en France, explicitement vouée à une "ethnographie folklorique" du terrain français).

Exposition universelle de Paris :
Réorganisation de la colline de Chaillot en 4 musées :
le Musée de l’Homme (successeur du Musée d’ethnographie du Trocadéro
le Musée de la Marine 
le Musée national des Arts et Traditions Populaires 
le Musée des Monuments Français

Exposition universelle de Paris :
Premier Congrès international de Folklore, organisé par le Département et le Musée des Arts et Traditions Populaires (sur l’enregistrement sonore et le domaine musical : communications de C. Brailoiu, de Ph. Stern, de R. Dévigne…).

Musée national des Arts et Traditions Populaires :
Ouverture d’un Office de documentation folklorique.

Début de la publication du Manuel de folklore français contemporain, d’Arnold Van Gennep, qui s’étalera jusqu’à sa mort en 1957.

1938
Création de la Phonothèque nationale :
Chargée de mettre en application la loi de 1925 sur le dépôt légal des oeuvres phonographiques, elle est hébergée "à titre provisoire" par le Musée de la parole. Roger Dévigne, tout en restant sous-directeur du Musée prend la direction de la Phonothèque nationale.

1939
Albert Dauzat lance la réalisation d’un Nouvel Atlas linguistique de la France par régions.

La Commission Internationale des Arts Populaires (C.I.A.P.) et l’Institut International de la Coopération Intellectuelle (à la Société des Nations) publient : Folklore musical.

Musée national des Arts et Traditions Populaires :
Mission d’enregistrement de "folklore musical en Basse-Bretagne". Y participent : un liguiste : l’abbé Falc’hum, une photographe : Jeanine Auboyer, sous la direction d’une musicologue : Claudie Marcel-Dubois (cette mission inaugure un travail de prospection qui se développera après la guerre : "l’expérimentation et le musée au point de la méthode de prospection par équipes de spécialistes").

Musée national des Arts et Traditions Populaires :
Création d’un Service d’ethnographie musicale, par Claudie Marcel-Dubois.

Université de Paris, Musée de la parole :

Vichy :
Création du Comité national de propagande par le folklore sous l’impulsion de la Fédération des Associations régionales.

1940
Roger Dévigne et une partie du Musée de la parole et de la Phonothèque nationale se replient à Toulouse.

Vichy :
Création du Service d’initiative artistique dirigé par Alfred Cortot, au Secrétariat général à l’Instruction publique et à la Jeunesse.

1941
Musée de l’Homme :
Gilbert Rouget devient l’assistant d’André Schaeffner au Département d’ethnologie musicale.

Vichy :
le Comité national de propagande par le folklore devient le Comité national du folklore. Il publie la revueL’Echo des provinces et devient l’interlocuteur privilégié du pouvoir vichyssois dans l’organisation de ses stratégies culturelles.

Vichy :
Premier Congrès de musicologie populaire occitane à Toulouse (Roger Dévigne y fait une communication. Le compte rendu du Congrès est publié dans la Revue de folklore français et de folklore colonial, T. XIII, 1942).

1942
Université de Paris, Musée de la parole :

Vichy :
Dissolution du mouvement Jeune France (créé sous l’égide du Secrétariat général à la jeunesse et qui avait à sa tête Alfred Cortot).

Patrice Coirault publie Notre chanson folklorique.

1942-1943
Premier et second Parolier des Compagnons de France (Mouvement qui s’appuya beaucoup sur la chanson dans sa stratégie d’endoctrinement)

1943
Musée de l’Homme :
La Société d’anthropologie de Paris fait le dépôt de la collection de 400 cylindres enregistrés par le docteur Léon Azoulay durant l’Exposition universelle de Paris de 1900 au Département d’ethnologie musicale du Musée de l’Homme.

1944
Suisse, Genève : 
Constantin Brailoiu crée les Archives Internationales de Musique Populaire (A.I.M.P.) dans le cadre du Musée d’ethnographie de Genève (Organisme souhaité par le Congrès de Prague de 1928, sous la plume de H. Pernot, et par les recommandations de Lajtha dans sa préface à Musique et chansons populaires de 1934).

Les A.I.M.P., en collaboration avec l’UNESCO éditeront la série Collection universelle de musique populaire enregistrée.

1945
Suisse, Genève :
La Commission Internationale des Arts Populaires (C.I.A.P.) reprend ses réunions internationales d’experts.

1945
Musée national des Arts et Traditions Populaires :
Création d’un laboratoire d’ethnographie française où Marcel Maget impulse la notion d’ethnographie française métropolitaine.

Août 1946
Phonothèque nationale :

Septembre 1946
Phonothèque nationale :

1946
Musée de l’Homme :
Publication d’une collection de 30 disques de musique de Madagascar enregistrés sur le terrain en 1939 par une équipe de la Radiodiffusion. C’est le début des éditions de disques du Musée de l’Homme.

1947
UNESCO :
Création de l’International Folk Music Council (I.F.M.C.).

Joseph Canteloube publie Les chants des provinces françaises.

1948-1958
Constantin Brailoiu travaille au CNRS (il décède en 1958).

1948-1952
Musée de l’Homme :
Publication sous étiquette du Musée de l’Homme d’une série de 34 disques provenant de la mission Rouget-Didier en Ogooué-Congo (de 1946) et d’une série de 14 disques provenant de la mission Lhote au Sahara.

1949
UNESCO, I.F.M.C. :
Publication du Journal of the International Folk Music Council (devient en 1971 Yearbook of the I.F.M.C.).

1950
Centre de formation aux recherches ethnologiques (Paris), dirigé par André Leroi-Gourhan :
Dans le cadre du certificat de licence, Gilbert Rouget assure des travaux pratiques d’ethnomusicologie sur les instruments de musique et sur l’enregistrement sonore.

Jaap Kunst publie Musicologica (où il préconise l’expression ethno-musicology, 1ère occurrence du terme).

1951
UNESCO, I.F.M.C. :
L’I.F.M.C. publie Manual for folk music collectors (manuel de terrain principalement destiné aux travaux sur l’Europe).

1952
L’UNESCO et le Conseil International de la Musique publient Notation de la musique folklorique : recommandations du Comité d’experts réunis par les A.I.M.P.

UNESCO :
La Commission Internationale des Arts Populaires (C.I.A.P.) et l’Institut International de la Coopération Intellectuelle publient Phonothèque nationale : recueil des enregistrements de musique populaire conservés à la Phonothèque nationale, Paris.

UNESCO :
La Commission Internationale des Arts Populaires (C.I.A.P.) et l’Institut International de la Coopération Intellectuelle publient Musée de l’Homme : recueil des enregistrements de musique populaire conservés au Musée de l’Homme, Paris.

Musée de l’Homme :
Première édition de disques microsillons par le Département d’ethnologie musicale (Mission Rouget en Afrique occidentale : les enregistrements originaux ont été faits sur bande magnétique).

1953
Université de Paris, Musée de la parole :
Départ à la retraite de Roger Dévigne, le Musée de la parole est mis en sommeil.

Patrice Coirault publie le premier volume de la Formation de nos chansons fokloriques. La publication des quatre volumes s’étendra jusqu’en 1963.

1954
Fondation du Cercle International d’Etudes Ethno-musicologiques, animé par Paul Collaer (à l’origine des Colloques de Wegimont. Il cesse ses activités en 1960).

Musée de l’Homme :
Le Département d’ethnologie musicale devient le Département d’ethnomusicologie.

1956
UNESCO, I.F.M.C. :
Le Manual for folk music collectors de 1951 devient The collecting of folk music and other ethnomusicological national : a manual for field workers, publié par l’I.F.M.C. et l’Ethnomusicology Commitee du Royal Anthropological Institute.

UNESCO, I.F.M.C. :
L’I.F.M.C. publie Folk songs of Europe (anthologie de chants populaires européens).

1959
Musée de l’Homme :
Inauguration de la salle des Arts et Techniques (partie Techniques réalisée sous la direction d’A. Leroi-Gourhan ; partie Arts, sous celle d’A. Schaeffner).


SOURCES
Boilès, Charles, Nattiez, Jean-Jacques, "Petite histoire de l’ethnomusicologie", Musique en jeu, septembre 1977, 28, pp. 26-53
Calas, Marie-France, "Les débuts des archives sonores et visuelles", Ethnologie française, 1978, VIII, 4, pp. 391-395
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À propos de nicolas martello

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