Arnold SCHLICK (1445-1525)


Arnold Schlick se place dans une esthétique de transition entre le 15ème et le 16ème siècle.


Sa vie

Né dans le palatinat ou à Heidelberg vers 1445. Il meurt à Heidelberg vers 1525. C’est un contemporain de Josquin des Prés. Il se situe entre Paumann et Paul Hofhaimer.

C’est un organiste célèbre et aveugle. Il a vécu dans l’entourage des plus grands. Il a assisté au couronnement de Maximilien Ier comme empereur en 1486 (c’est sans doute lui qui jouait l’orgue).

Il voyage beaucoup en pays rhénans (relatif au Rhin et à la Rhénanie en Allemagne) et séjourne aux Pays-Bas en 1491. En 1509, les archives de la cour de Heidelberg le mentionnent comme engagé à vie au service de l’électeur palatin.

Schlick était très recherché pour son expertise en facture d’orgue. On le retrouve à Strasbourg où il réceptionne l’orgue de la cathédrale en 1491.

En 1516, il est à la cour du prince électeur de Saxe (protecteur de Luther). Il y rencontre Paul Hofhaimer. En 1520, il participe peut-être au couronnement de Charles Quint à Aix-la-Chapelle.



Son œuvre

Il publie, en Allemand, le premier traité consacré à l’orgue : « Spiegel der Orgelmacher und Organisten » (= Miroir du facteur d’orgues et des organistes), Spire : P. Drach, 1511. Il y traite de facture, d’emplacement de l’instrument, de registration et d’accords.

Il publie aussi ses œuvres musicales : « Tabulaturen Etlicher lobgesang und lidlein uff die orgeln un lauten », Mayence : P. Schöffer, 1512. C’est un des premiers exemple de tablature imprimée.

Ce volume contient 14 compositions pour orgue (la moitié à 3 voix et l’autre moitié à 4 voix) dont 5 parties d’un Salve regina servant à l’alternatim (voir ci-dessous : première de ces parties). Mais il y a aussi 12 lieder à 2 voix pour chant et luth, et 3 lieder à 3 voix pour luth seul.

Deux autres lieder à 4 voix figurent dans le Liederbuch d’Öglin (publié à Augsbourg en 1512).


Mélodie grégorienne du Salve Regina



Salve Regina pour orgue de Schlick


Son style

Parmi les autres organistes, c’est un isolé. Il a eu des relations avec les protestants (les luthériens), ce qui lui donne un style assez stricte, sévère souvent caractérisé par l’emploi d’un cantus firmus emprunté en valeur longue.

Son style est fluide (influence du stromrhythmus). La polyphonie est donc dense, continue avec de nombreux croisements de voix. C’est une écriture très vocale. Toutes les voix, sauf le cantus firmus, sont semblables, et toutes très mélodiques. En 1512, Josquin Desprez a déjà un style complètement différent.

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À propos de nicolas martello

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