Le cool-jazz (1950-60)


Le bop, tout à coup, semblant un peu s’essouffler à la fin des années 1940, les Blancs durant quelques années vont occuper l’avant-scène, imposant une musique plus détendue et parfois assez formaliste : c’est le style « cool » (= frais mais aussi décontracté), dont la session enregistrée, en 1949, pour la marque Capitol par l’orchestre du trompettiste noir Miles Davis – transfuge du combo de Charlie Parker – constitue l’acte de naissance. On rattache au cool l’école du pianiste blanc Lennie Tristano, qui pratique un jazz très intellectualisé, puis le groupe de la « West Coast », jazzmen blancs qui se distinguent par leur parfaite technique et leur goût d’une musique fignolée, un peu académique.
Après le bebop, sont apparus, vers la fin des années 40, ce que l’on a tenté de définir comme le cool, le style West Coast et plus tard le third stream. Ces trois mouvements, souvent enchevêtrés, se caractérisent par une approche relativement classique de l’instrument, un refus des effets expressionnistes, l’introduction d’instruments jusqu’alors du domaine classique comme cor, hautbois, flûte, …, avec incorporation d’éléments de musique contemporaine.
 
Le jazz cool est né de trois séries d’expériences autonomes :

  1. l’une d’elles a lieu dans l’orchestre de Claude Thornhill, où se révèlent deux arrangeurs de talent, Gil Evans et le saxophoniste baryton Gerry Mulligan. Il se retrouvent en 1949 et 1950 dans le nonette de Miles Davis, pour qui ils écrivent des arrangements sur des compositions bebop.

  2. Une deuxième expérience est menée par le pianiste Lennie Tristano, qui, avec ses élèves (Lee Konitz, Warne Marsh et Billy Bauer), élabore un jazz d’une grande beauté formelle.

  3. La troisième tendance du cool est représentée par les Four Brothers (Herbie Steward, Stan Getz, Zoot Sims, Serge Chaloff, puis Jimmy Giuffre et Al Cohn), saxophonistes dans l’orchestre de Woody Herman. Ils réalisent une synthèse des jeux de Lester Young et de Charlie Parker.

Le jazz cool devait par la suite surtout s’acclimater chez les musiciens blancs de la West Coast (comme le batteur Shelly Manne ; les saxophonistes Jimmy Giuffre, Art Pepper, Stan Getz, Gerry Mulligan ; le trompettiste Chet Baker ; le pianiste Lennie Tristano et ses élèves, l’altiste Lee Konitz et le ténor Warne Marsh ; à cette tendance se rattachent également les big bands de Stan Kenton et de Woody Herman, le Modern Jazz Quartet) et se couler dans les diverses tentatives de « Third Stream » (= 3ème courant), qui durant les années 50, prétendirent enrichir le jazz par le sérieux des techniques de composition empruntées à la musique classique (Gunther Schuller, Ran Blacke).
 
Aux excentricités du bebop le cool jazz oppose vers 1950 une musique de chambre raffinée : avec son  jeu legato, ses mouvements linéaires sans accents marqués, son tissu contrapuntique, ses imitations, sa retenue dans l’expression et la sophistication des arrangements, il s’ouvre à la tradition musicale européenne.
 
Les principaux représentants de ce style sont Lester YOUNG, Gerry MULLIGAN et son quartet, Lennie TRISTANO, Miles DAVIS. Le Modern Jazz Quartett avec John LEWIS (piano, vibraphone, contrebasse, batterie) imite entre autres la polyphonie de BACH (on se plaît à faire swinguer des formes comme la fugue).

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À propos de nicolas martello

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