Les instruments du monde


Il est important de noter que la terminologie des instruments varie d’un pays à l’autre de façon quelquefois mystérieuse sinon surréaliste. Sur un plan ethnomusicologique, il est prudent de donner ici toutes les terminologies et toutes les orthographes employées pour un même instrument.

Les percussions

Bendir (abendair, abendaïr) Origine : Afrique du Nord. Apparenté au tambourin, au riqq (tambourin arabe égyptien)
Constitué d’un cadre circulaire en bois de 40 à 60 cm de diamètre sur lequel une peau de chèvre est tendue. Le bendir est à mi-chemin entre le tambourin et la caisse claire. Il ne comporte qu’une seule face de percussion. Certains bendir possèdent, tendus sur la peau, trois fils perlés pour augmenter la résonance de la peau et lui donner un timbre caractéristique, voisin de la caisse claire de batterie.
Darbouka ou darboukà (derbouka / daraboukka / daraboukkeh / darrabuka / darabukka / tarabuka / tambour grec mytilénien). Origine babylonienne et sumérienne
Percussion de terre cuite en forme de gobelet à base ouverte (Afrique du nord), de bois ou de métal (Inde, Syrie). La peau tendue qui peut être aussi bien de chèvre que de poisson, est collée sur les bords puis tendues par des petits fils tressés On peut également trouver en Syrie le même instrument en métal avec la tension de la peau réglable par un système de vis situées sur un cercle. L’instrument est présent dans tout le monde musulman du Maroc à l’Inde.
Djembé ou jembé. Origine Mandingue (Wassoulou, Guinée - Mali)
Percussion d’environ 60 à 80 cm de hauteur Un corps en bois dont la caisse a une forme de calice légèrement évasé vers le sol. Le djembé ne peut être joué s’il est posé sur le sol. La peau est tenue par un cerclage souvent métallique puis tendue par des cordes de tension.
Qraqèb qraqeb / craqueb / krakeb. Afrique
Instrument comparable aux castagnettes, constitué de 8 disques métalliques d’une dizaine de centimètres de diamètre, bombés, assemblés deux par deux par une tige. On tient dans chaque main deux séries de ces disques métalliques joués par un mouvement de main battant les disques les uns contre les autres.
Tabla ou tabl ou dayan et baya ou bayan / mridangam, mridanga, mathala. Origine indienne. Evolution turque du tabla avec le tavoul ou davoul ou davuljoué avec un marteau et une baguette en bois. Evolution turque du baya avec le Nakkare (kous en miniature)
C’est la percussion de la musique indienne de l’lnde du nord. Elle est constituée de deux petites timbales, à 1’origine non séparées ; le mridangam qui est courant dans toute l’Inde du sud (Tamil Nadu. Kerala). La timbale de la main droite est en bois, étroite et accordée à la tonique de 1’instrument que le tabla accompagne. Celle de la main gauche est en métal, plus large et non accordée. Les sons, extrêmement variés, dépendent de la portion de peau frappée par le ou les doigts lors de la frappe. La peau de chaque timbale est en effet constituée de trois zones : la peau entière, une couronne de peau qui la recouvre sur sa périphérie, et une pastille centrale de pâte de riz mélangée à de la limaille de fer. Les peaux sont maintenues et tendues sur la caisse par des lanières de cuir. Certains mridangamdoivent leur timbre caractéristique par des éclats de bambou coincés entre les couches de la peau principale.
Târ ou triar. riqq / reqq / cymbalettes. (ne pas confondre avec le tar, instrument à corde)
Petite percussion d’origine basque utilisée au Maroc. Tambour sur cadre à cymbalettes. Il permet des frappes en retour sur l’avant-bras.
Zarb ou tombak / tmobak / tabnag / khomak / khomac / tombalak / tombalac / dombak / donbak / dun-balag / zirbaghali. Origine : Perse, déjà présent en 3000 av J.C (d’après fouilles archéologiques à Khouzestan).
Le zarb est un mot arabe qui signifie "frappe" et les persans lui donnèrent 1’acception de "rythme", de "temps" d’une mesure musicale et de "tempo". Le tambour qu’ils nomment ainsi fut souvent appelé tombak ou dombak en raison entre autres, des deux coups désignés par les syllabes "tom" et "bak", mais ce terme est maintenant plus ou moins péjoratif parce qu’il évoque le temps où 1’on ne considérait encore le zarb que comme un instrument accompagnateur et où 1’on exigeait peu du joueur. Le mot tombak viendrait selon d’autres sources du mot tabnag qui désignait la première percussion se rapprochant de la forme actuelle. D’autres encore pensent que l’origine de dombak serait le mot dun-balag (petite queue). Une dernière thèse précise que l’origine est le mot khomac qui signifie "petit récipient en terre cuite" utilisé jadis pour y déposer le raisin prêt à être écrasé. Le khomdésignait déjà un instrument de musique à percussion, le rouiné-khom dont la caisse de résonance était en cuivre.
Le zarb est un tambour à une face dont la caisse, cylindre large et trapu, s’achève en un pied légèrement évasé, et est creusé dans la masse d’un mûrier d’un érable ou d’un noyer. La membrane est en peau d’agneau, de gazelle, de chèvre, de mouton ou de poisson. La peau est tendue puis collée sur l’instrument.  La partie supérieure de la caisse de résonance qui sert de chevalet pour la peau ne fait que quelques millimètres d’épaisseur. L’instrument se compose de trois parties : la caisse de résonance (tané), le pavillon (nafir), la peau (pouste). Il existe d’autres modèles de zarb fabriqués en terre cuite ou en métal.



Les instruments à vent

Arghoul.  / urgün clarinette double. Origine : Egypte, appelée mijwiz / midjwiz au kurdistan
Un des plus vieux instruments à vent à anche simple datant de la Vème et VIème dynastie. L’instrument se compose de tubes liés entre eux par une ficelle enduite de cire mêlée à de la résine de poix. L’arghoul dont le mot viendrait de urgün, le mot arabe pour orgue, se distingue des autres doubles clarinettes en roseau par un bourdon qui peut s’additionner de plusieurs segments ou rallonges afin d’en modifier la tonalité (au maximum trois). Chacun des deux tuyaux possède un avant-corps plus étroit (rakaks ou lôam), partie intermédiaire. Le tuyau mélodique, percé de six trous s’appelle le badan, celui du bourdon : "radàd la àrdiah". Le chalumeau proprement dit s’appelle al balous (pluriel bawaliss). Il existe essentiellement trois types d’arghoul : le grand arghoul (arghoul alkebir) dont le bourdon avec ses trois segments peut atteindre la longueur de 2,50 m, le moyen arghoul (arghoul al soghayr ou petit arghoul en arabe) et le petit arghoul (arghoul al asghar, le plus petitouorma). Le plus grand, à cause de sa difficulté, due à l’écartement des doigts et à la capacité respiratoire requise (le musicien doit pratiquer le souffle continu circulaire), a quasiment disparu de nos jours.
Cervelat. (cervelas) Europe
Le cervelas est un instrument usité au XVIIème siècle, ayant la forme d’un barillet. Il se compose d’un morceau de bois cylindrique recouvert, comme le basson, de cuir bouilli. Quelques-uns sont garnis de trois clefs et de six trous. C’est en quelque sorte un hautbois basse. Le son est plus aigrelet que le basson.
Doneli. Double flûte à bec : satara / algoza. Baloutchistan, Rajasthan, Sind.
La flûte droite "mâle" comporte 7 trous pour une gamme chromatique. La flûte gauche "fille" comporte 8 trous et fait office de bourdon. Pour changer la tonalité du bourdon, on bouche certains trous par de la cire.
Jaleika, hautbois touareg. Instrument de même facture que le mezued ou zukra tunisien. Pays slaves et afrique.
Hautbois en roseau percé de 5 à 6 trous et monté avec une corne évidée de chèvre en guise de pavillon.
Mizmar. Origine : Egypte, zurna turque / zourna, sournay, surney /. Equivalent indien : shanaï / sahnaï / surnaï / nagasvaram (pavillon métallique) / sona (Chine), sralay (Kampuchea), pi nai (Thaïlande). Sopile (Yougoslavie), surnaj (Tashkent), tiple (Espagne), bombarde, chalémie (France), piffaro (Italie), tarogato (Hongrie), alghaita (Niger), Auloi (Grèce du Vème siècle av J.C.), tibia en os (Rome antique).
Instrument à vent à anche double de la famille des chalémies primitives s’apparentant à un hautbois populaire. Une certaine variation de facture et une terminologie confuse existent dans de nombreux pays ayant subi une influence plus ou moins prononcée de la culture islamique. En Egypte essentiellement trois types de cet instrument, chacun d’une longueur et d’un registre différents sont utilisés : le petit sîbs, le grand telf et le chalabîya ou mizmar sa’idi de taille moyenne. Les joueurs de mizmar en Haute Egypte, nommés communément "zoummarin" jouent généralement au nombre de trois soutenus rythmiquement par le "tabla baladi" sorte de grosse caisse de résonance à double membrane, donnant souvent son nom à cette formation. La technique de souffle continu a un rôle primordial : l’air est inspiré par le nez tandis que les joues font office de poche à air par distension et détente répétées.
Nay, ney turc, ney iranien, nei (Azerbaïdjan), gasba, qasba, guesba, fahal, jawak, awada (Maghreb), shabbaba, shbiba, lula (Iraq), blil, blur, blul (Arménie), kaval (Turquie), floyera, kavali (Grèce), cavalli (Albanie), kaval, shupelka (Macédoine), caval (Bulgarie), tilinka (Ukraine, Roumanie), shamshal (Kurdistan), kawwala, suffara, gharb (Egypte), pelul, vamsha (Inde).
Ne pas confondre avec le naï roumain qui est une flûte de Pan.
Flûte en roseau comportant généralement sept trous. L’embouchure est constituée par une des extrémités de la flûte taillée en biseau. L’insufflation se fait sur le bord terminal. Il existe différents types de nay qui diffèrent de par leurs embouchures qui peuvent être fabriquées dans des matériaux divers (ivoire, bois, corne, plastique).
Pungi. Clarinette double indienne. Apparenté au Murali.
Elle est jouée avec la technique du son continu ; inspiration par le nez, souffle dans la bouche.
Zukra (mezoued / mezued / mezud). Algérie, Tunisie, nord du Maghreb.
Cornemuse d’Afrique du nord en peau de chèvre. L’instrument dérivé sans le corps de chevrette s’appelle la magruna.
Zummara. zamr, "Clarinette" double bédouine à anche simple. Pays Arabe.
La racine "zoumar" est un terme général pour désigner les instruments à vent.



Les instruments à cordes
Terminologie des instruments à cordes :
Kithara (grec : lyre) - citara - cetara -cetera - cetra - cithare - sitar - cintour - santour -  guitare - tar.
Balalaïka. Origine slave. Modèle actuel datant de la fin du XIXème.
C’est un instrument à 3 cordes de la même taille qu’une mandoline avec une caisse de forme triangulaire. La balalaïka a pour ancêtre le dombra qui est l’ancien luth russe.
Benju.

Instrument datant des années 30 comportant généralement 3 cordes. Il est originaire du Japon et voisin du dulcimer. La note de la corde principale (ou le groupe de deux cordes principales) est donnée par des touches de clavier de machine à écrire. Les autres cordes forment le bourdon.
Bouzouki (buzuq / buzukee / bozuk / bouzouq). Origine Grèce, Turquie, Kurdistan, Syrie, Liban, Egypte.
Le buzuq a pour probable origine un instrument Turc du type saz. Le buzuq (oubouzouki) comporte une caisse de résonance de petite taille, profonde et ovoïde avec un long manche fretté avec des cordes métalliques. L’instrument est accordé sur le mode tempéré ce qui ne lui permet pas de jouer des gammes microtonales. Il possède 4 cordes doublées. A l’origine, le buzuk était utilisé comme instrument soliste par les émigrants qui parcouraient la Syrie et le Liban. Les instruments voisins du bozuk turc sont la cura (3 cordes), le baglama (6 cordes), l’asik sasi (9 cordes) et le meydan sasi (12 cordes).
Cistre / cetera / cetara / citara / cetra / cetula / cedra / citre / cittre / cithre / citole / archicistre / cistre-théorbe.
Instrument de la famille des luths utilisé en Europe, d’origine toscane (XVIème siècle). La cetera / cetara corse est également d’origine Toscane. Famille des instruments à cordes doubles métalliques. Le terme italien "cetra / cedra" désigne aussi bien un cistre qu’une cithare. En Corse la "cetra  / cedra" peut également désigner la cithare posée à plat.
Cetera
La cetera est un cistre (famille des luths) à fond plat et à table ovoïde ou piriforme à cordes en métal apparenté au "chitarrone" italien du XVIème siècle. Le manche large comporte 18 cases. Il était joué avec une plume (ancêtre du médiator) en Angleterre au XVIIIème siècle (instrument N°183 du Musée du Conservatoire de musique de Paris). Les premiers cistres français comportent en général 11 cordes : 3 rangs de 3 cordes chacun accordées à l’unisson  (ré - do - sol - la) + le dernier rang avec deux cordes. En Italie on trouve des cistres à 6 doubles cordes (la- sol- do- mi- fa- ré), 9 doubles ou 10 doubles (total 20 cordes).
Il existe d’autres formes de cistres de plus curieuses. Certains combinés avec des cordes basses jouées à vide en dehors du manche s’appellent "archicistre", proche du cistre-théorbe datant du XVIIIème siècle (figure ci-contre).

Cetera (cistre populaire Corse)
La cetera / cetara / cetula / guitare Maure (cistre populaire corse) est aujourd’hui redevenue très populaire en Corse grâce au travail de Félix Quilici. Elle a réintégré la musique classique et la musique contemporaine et traditionnelle (A Filetta, Tavagna, Caramusa...). La pratique de l’instrument est aujourd’hui enseignée à la Phonothèque du Musée de la Corse à Corti (Corte). Le modèle Corse de cetera était populaire dans toute la péninsule italienne au XIXème siècle mais les premières représentations de l’instrument dateraient du XIème siècle. Les plus beaux exemplaires de concert sont fabriqués depuis 1991 par le luthier bastiais Christian Magdeleine né en 1963 (exemplaire de la photo). Les autres luthiers qui fabriquent des cetere sont : M. Buresi et Formentelli. Ce cistre corse appelé "cetara ou cetera" (du nom toscan) possède 16 cordes accordées par groupe de deux suivant chacun des tons de la gamme mineure ancienne. Les essences utilisées pour la fabrication sont le pin laricio pour la table d’harmonie (variété de laricio originaire de Corse) - L’érable ou le palissandre pour les éclisses et le manche - Le noyer pour les touches - Le buis ou l’olivier pour les chevilles.
Colachon colascione / canacione / calasciaune / canachon / canachion / mandola.
Instrument de la famille des luths, d’origine toscane (1650). Il existe plusieurs formes de cet instrument qui aurait pour lointaine origine le tar ou le tanbur turc. D’une façon générale le nom colascione ou canacione serait donné à tous les luths à manche long et à caisse étroite. Sa caisse est à fond ovoïde bombé ou en forme de poire (le canacione est connu principalement sous deux formes différentes). Il possède un manche à frettes accordé en demi-tons, d’une longueur de 65 cm. La largeur de la caisse est de 20 cm et sa profondeur d’environ 12 cm. La caisse et le manche sont taillés dans le même bloc de bois. L’instrument possède 3 cordes métalliques. La première et la troisième extrêmement fines sont appelées "féminines", celle au centre plus grave est appelée "masculine" ou "cordone". L’instrument est accordé Do6 - Do grave5 - Sol grave5. La troisième corde (sol) n’était jamais jouée comme un bourdon contrairement au jeu oriental. Une variante de l’instrument possède des cordes doublées. Le colachon oucolascione était joué à l’aide d’un plectre en corne de taureau.
Dulcimer ou cithare des Appalaches. Apparenté à l’épinette des Vosges. Origine celte. Ne pas confondre avec l’instrument de même nom qui désigne l’équivalent français du XVIIème siècle de l’hackbrettautrichien ou du santour.
Le dulcimer est utilisé depuis la fin XIXème au Kentucky, son origine se situe dans toute l’Europe du nord-ouest, en Irlande et en Bretagne jusqu’au jura.
C’est une cithare de forme allongée à quatre cordes en métal jouées à plat avec un bambou qui se déplace sur un manche de 17 frettes, tenu de la main gauche, et un plectre (médiator) tenu de la main droite.
Gambri. Maroc, Soudan, Ghana, Guinée, Mali, Sénégal, Niger.
Petit luth africain à 3 cordes en boyau de chèvre, accordé Sol - Ré - Ré octave inférieure (75 hz). La corde centrale fait office de bourdon. La tessiture de l’instrument est d’une octave. L’instrument est également utilisé comme percussion. On peut rajouter un sistre métallique (sersèra / sersera) à l’extrémité du manche qui résonne par "sympathie" à partir des vibrations de la caisse et des cordes.
Kamantché ou (kamanché / kemânçe / kamendja  / tajik ghichack). Origine Iran. XVème siècle.
Instrument à 3 cordes frottées (à l’origine en soie) du même type que le violon, proche par sa technique du monocorde et de la vielle. Le kamantché est tenu l’instrument debout, dos de la caisse contre le corps, il tient sur le sol par une pique. Des instruments voisins existent au Tadjikistan à caisse rectangulaire à angle droit ou cubique, à 2 ou 3 cordes : le ghichak.
Monocordeguzla (Yougoslavie). Europe, Asie, Afrique.
Instrument à corde unique tenue par une cheville. Le monocorde se joue avec un archet. La caisse monoxyle est couverte de peau de mouton (ou de peau d’âne ou de lièvre).
Oud, ud / lud. Luth arabe. " ud sharqi ", kwitrah (du grec kithara) : Egypte de l’Ouest.
Nom arabe de l’ancien instrument persan barbat. Ancêtre de la guitare espagnole. Il possède généralement 11 cordes dont 5 doubles accordées Ré Sol La Ré sol Do (Grave - aigu) ou Ré Mi La Ré La qui sont jouées avec un plectre (médiator). L’instrument possède au total 11 cordes en nylon couplées par deux + une corde grave. Le manche de l’instrument qui est plus court que celui d’une guitare, est sans frettes. Cette disposition permet les micro-intervalles et la création de glissandos et legato avec la main gauche. La forme définitive du oud date du VIIIème siècle. Le nom de l’instrument qui signifie littéralement "pièce de bois" date de deux siècles plus tôt, époque qui connu un luth d’origine Arabe, recouvert de peau et dont la table était en bois. Aujourd’hui, l’oud est l’instrument à corde le plus populaire dans le monde musulman, celui que les compositeurs préfèrent.
Psalterion ou psalterypsantrinnabulumdecacordum, ancêtre du tympanon ou cymbalum qui donnera leclavicembalum ou clavecin (clavi-cymbalum) et clavicorde oumanicordion
Variante : harpe-psaltérion (se joue avec les doigts), s’appelle le tympanon (au Moyen-âge).
Autre variante : demi-psaltérion ou micanon
Instrument proche de la cithare où les cordes sont frottées à l’aide d’un petit archet. La caisse de résonance, de très faible épaisseur est de forme triangulaire. L’instrument comporte 25 cordes accordées de façon chromatique. La partie droite de l’instrument présente l’étendue de deux gammes majeures. La partie gauche présente les demi-tons.
Qanoun ou (qanum / qânûn / ganun / ganoun / kanoun / kanun). Du grec Kanon = règle.
Cithare en forme de trapèze proche du santour, possédant 78 cordes pour 25 notes. Il est joué à l’aide de deux onglets maintenus aux index par des cordelettes.
Rebec ou (rebab / rbâb / rababe / rababa / rabab) origine : Perse, Iran. Ancêtre du rebec européen. Rabab : du persan "rababa" qui désigne une vielle à une ou deux cordes.  La morphologie de l’instrument peut varier selon les différents pays musulmans.
Le terme rababa (rabab, au pluriel) d’origine persane, désigne une vielle à archet à caisse monoxyle avec un manche à une ou deux cordes (Ré - La) en boyau dont la morphologie peut varier selon les différentes régions du monde musulman où l’instrument s’est répandu. Le toucher de la main gauche sur le manche se fait par "crochetage" afin d’obtenir une note accompagnée d’harmoniques. Le terme "rabab" se retrouve jusqu’en Malaisie et s’est introduit également dans l’occident médiéval pour devenir le rebec des troubadours. L’instrument existait déjà sous sa forme la plus rustique chez les arabes de la Djâhilîya (période pré-islamique) ; c’était le rababa-al-chaër, la vielle monocorde avec laquelle le poète devin de la tribu soutenait la parole rythmée de ses improvisations. Le rababa égyptien est composé d’une caisse de résonance faite d’une noix de coco décalottée tendue d’une peau de poisson, et fixée sur un long manche cylindrique de bois prolongé d’une tige de fer. Les deux cordes de crin de cheval généralement accordées à la quarte sont tendues par des grosses chevilles de bois vissées latéralement sur la partie supérieure du manche. Elles sont frottées par un grand archet tendu également d’une mèche de crin.

Santour ou sintour / cintour / sintour / sintoor / santoor /santur / santouri / satouri / santuri / chang / dulcimer / tsimbalu ( proche du cymbalon ou czymbalum hongrois / cimbal / cymbal / tsimbaly / tsambal / tsimbl, du kanklès d’Esthonie, du hackbrett suisse, du surmandal et du shantoor indien, du yang-qin chinois / khim au Kampuchea / dulcimer iranien) . Connu dans le sud de la Russie et au Moyen-Orient. Il a également été introduit en Espagne. Cithare sur caisse de forme généralement trapézoïdale. Instrument proche du qanoun, c’est vers le neuvième siècle de l’ère chrétienne que le santour va se différencier du qanoun. Le santour est l’ancêtre du clavecin et du piano.
L’origine du santour  (cithare à cordes frappées) remonte à l’époque sumérienne (entre 3500 et 2000 av JC). C’est en Iran que le santour a pris sa forme la plus parfaite : une cithare trapézoïdale où 72 à 100 cordes métalliques fixes (4 par notes) sont tendues sur deux rangées de neufs petits chevalets (kharak) qui peuvent être mobiles. Les cordes les plus aiguës sont en acier, les plus graves sont en bronze ou en cuivre. L’étendue normale peut être de deux octaves et demi à trois octaves et, selon l’échelle modale utilisée, on accorde l’instrument au moyen d’une clef agissant sur les 72 à 100 chevilles fixées sur un des côtés du santour. L’instrumentiste frappe les cordes avec de fines baguettes de noyer, de néflier ou de buis, appelées mezrab (plectre) dont une extrémité est découpée de manière à permettre la préhension par les trois premiers doigts de chaque main, et l’autre extrémité, qui frappe les cordes, est légèrement relevée et peut être recouverte dans certains cas de feutre, imitant ainsi le son du piano. La note la plus grave est le Mi grave.
Sarangi. Inde, Pakistan, Népal.

Vièle à manche court (ne pas confondre avec la vielle, instrument à archet en forme de roue). Instrument à archet du nord de l’Inde. Il est tenu droit sur les genoux. Il comporte 4 principales cordes + 12 cordes sympathiques qui résonnent grâce aux vibrations de la caisse de résonance de l’instrument.


Sarod. sorud (Baloutchistan) / queychak / qeychak / Inde,  Rajasthan, Pakistan.
Vièle datant du XVIIIème siècle populaire au Baloutchistan (Pakistan). Il est taillé dans un bloc de bois en parpuk (tecomella undulata) ou en mûrier, la forme est complexe pouvant évoquer une tête de mort avec de grandes orbites. la table de résonance est en peau de chèvre ou de gazelle. Il possède 4 cordes dont 3 sont en métal et une en boyau (bourdon) accordées Mi aigu - Mi grave - La - le bourdon en Mi. L’instrument possède 6 à 8 cordes sympathiques accordées (du plus aigu au plus grave) Si - Sol dièse - Fa dièse - Ré - Do dièse - Si.
Sitar indien Origine indienne du nord de l’Inde.
Instrument à corde où la caisse de résonance est constituée d’une calebasse. Le manche long est constitué d’une moitié de gros tuyau de bambou fendu dans sa longueur. Les cordes, mélodiques et rythmiques, passent au-dessus de frettes arquées comme des ponts et mobiles. Le jeu de la main gauche s’effectue à la fois en appuyant les cordes derrière les frettes, comme sur une guitare. On peut également les tirer latéralement pour modifier la hauteur lors de la vibration de la corde, où même exécuter un fragment mélodique sans changer de frette. Sous les frettes, et donc sous les cordes de jeu, passent des cordes dites sympathiques, dont les vibrations sont directement transmises par la caisse de résonance. La particularité du son du sitar indien réside dans le fait que le chevalet en ivoire, qui maintient les cordes à une certaine hauteur, est large et en pente douce si bien que la corde vibrante va "taper" en permanence sur la partie pleine et donner cet aspect de "parasitage métallique" du son.
Tanbur / dotâr (tanbur turc), tumbur, tembour, tembûr, dombra, dombrak, iki telli, kopuz, üç telli.
Un instrument de la famille du luth avec un manche long.
Dotâr / dotar / do târ (Ouzbékistan, Tadjikistan, Kurdistan, Xinjiang, Iran / Khorâsân, Turkménistan) / setâr / setar (Pamir).
Luth comportant 2 et quelquefois 3 cordes (chahârtâr).
Tar.  Panjtar (tar à long manche) ne pas confondre avec le târ.
Le tar fut l’instrument préféré de la plupart des grands maîtres de la musique iranienne. Le tar appartient à la famille des luths. Sa caisse de résonance à double renflement est en bois de mûrier, et la forme de sa table évoque deux cœurs réunis par les pointes. Cette table est en peau d’agneau et sa partie inférieure, la plus large, porte le chevalet. Le long manche est pourvu de 25 ligatures en boyau et de 6 cordes (jadis 5) dont deux doubles. On joue avec un plectre (médiator) fait généralement d’une lamelle de laiton sertie dans une boulette de cire. L’étendue est d’environ deux octaves et demie.
Vina ou veena (bin - sarasvati vina). Inde du nord.
Sorte de cithare avec deux résonateurs (gourdes ou courges évidées). C’est une évolution de la cithare sur un manche long, datant du VIème siècle. Les touches sont en bambou.
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À propos de nicolas martello

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