Musique du Japon





HISTOIRE

Le Japon est sans doute un des rares pays où l'on puisse entendre aujourd'hui de la musique remontant au VIIIe siècle et où une dizaine de genres musicaux traditionnels se sont transmis, sans interruption sinon sans modification, jusqu'à notre époque. Ces genres reflètent les vicissitudes de la tradition musicale japonaise, dont les douze siècles d'histoire se divisent en quatre périodes distinctes, avant d'arriver à la musique contemporaine.

La période préhistorique (2ème siècle av. J.-C. - 7ème siècle après J.-C.) correspond au développement de la musique autochtone avant tout contact avec le continent chinois.

La période antique (7ème siècle - 12ème siècle) est marquée par l'introduction et l'assimilation de genres musicaux venus d'Asie. La réforme musicale du 9ème siècle atteste à quel point cette musique d'importation s'est adaptée à l'esthétique japonaise.

La période médiévale (12ème siècle - 16ème siècle) se caractérise par le retour à la tradition autochtone et l'apparition de nouveaux genres musicaux - tels le Heike Biwa (épopée de Heike chantée et récitée avec accompagnement de Biwa) et le Nô (théâtre chanté, dialogué, dansé, avec accompagnement instrumental) - stimulés par l'installation au pouvoir d'une nouvelle classe dirigeante militaire.

La période moderne (17ème siècle - 19ème siècle) voit l'épanouissement de la musique citadine, avec des pièces pour Koto (cithare à treize cordes), Shakuhachi (flûte verticale à cinq trous) et surtout pour Shamisen. Ce luth à trois cordes, importé des îles Ryûkyû au 16ème siècle est devenu le symbole même de la musique citadine. De nouvelles formes théâtrales, telles que le Bunraku (théâtre de marionnettes chanté et récité), le Kabuki (théâtre chanté, dialogué et dansé avec accompagnement instrumental) et des formes vocales comme Jiuta, Kouta, Nagauta, Tokiwazu ou Kiyomoto se développent en utilisant le Shamisen.

Si certains des genres que nous venons d'évoquer ont connu des moments de stagnation (par exemple le Gagaku ou le Shômyô au 16ème et le Nô au 19ème) et si le répertoire ne s'est pas intégralement conservé, il est cependant remarquable que la diversité de cette tradition musicale, couvrant douze siècles, ait survécu jusqu'à l'heure actuelle.



GENRES

Gagaku = musique de cour.
(abréviation de nôgaku = art) = théâtre japonais masqué.
Shômyô (voie radieuse) = chant liturgique bouddhique.
Kabuki = mélange de comédie (dialogue + chant) et danse.
Jôruri et bunraku = spectacles de marionnettes.


INSTRUMENTS

Principaux instruments : shamisen (luth à 3 cordes) ; koto (cithare à 13 cordes), ken et shô (orgues à bouche), biwa (luth à 4 cordes), shakuhachi (flûte droite à 5 trous) ; hichiriki (sorte de hautbois) ; taiko (terme générique pour désigner les différentes sortes de tambours).

Le koto est une cithare d'origine sino-coréenne, introduite au Japon au 6ème siècle.
L'instrument d'alors (wagon) ne possédait que cinq cordes et mesurait moins d'un mètre. Puis au fil des âges, le koto fut modifié pour devenir une cithare à treize cordes en soie tendues sur une longueur pouvant varier de 1,60 m à 2 m.
La caisse de résonance du koto est taillée dans du paulownia.
Chaque corde du koto a son propre chevalet mobile dont la position détermine la tonalité de la corde.
On joue de cet instrument à l'aide de trois onglets, un peu comme on joue de la guitare.
Il existe plusieurs sortes de koto, le nombre de cordes pouvant varier de 5 (yamato koto ou wagon) à 50 (hitsu no koto). Cependant le koto le plus utilisé est celui qui possède 13 cordes.
C'est au début de l'ère Edo (1603-1868) qu'est née une musique propre au koto : sôkyoku. Cette musique a connu son âge d'or pendant l'ère Meiji (1868-1912) et son développement s'est perpétué jusqu'à nos jours.



Le shamisen est une sorte de luth à trois cordes importé de Chine au milieu du 16ème siècle. D'abord introduit dans l'île d'Okinawa, il fit son apparition dans les autres îles de l'archipel japonais au début de l'ère Edo (1603 -1868).
Il devint rapidement l'instrument de prédilection des geishas et prit place dans les orchestres de kabuki (une des formes traditionnelles du théâtre japonais).
La caisse de résonance carrée du shamisen est généralement en bois de santal recouvert d'une peau de chat ou de chien. Les cordes sont en soie ou en nylon.
On joue du shamisen à l'aide d'un plectre en bois ou en ivoire, comme on joue du banjo.
Le shamisen est l'instrument d'accompagnement des chants populaires (ji uta, ko uta, etc...) en vogue pendant l'ère Edo.




Le biwa est une sorte de luth d'origine chinoise qui fut introduit au Japon à l'époque Nara (710-794).
A la cour impériale il servait alors d'instrument d'accompagnement des danses traditionnelles (bugaku).
La pratique du biwa déclina au début de l'ère Heian (794-1185) avant d'être remise au goût du jour par des moines (biwa hôshi) de la secte Tendaï. Ceux-ci, souvent aveugles, parcouraient tout le pays en chantant des légendes anciennes au son du biwa.
Il existe plusieurs variétés de biwa, chaque variété se différenciant d'une autre par le nombre de cordes (4 ou 5) et le nombre de chevalets (3 à 9).
Ainsi on distingue le biwa à quatre cordes et quatre chevalets (Heike biwa, très en vogue dans la classe des samouraïs à l'époque médiévale), celui à quatre cordes et trois chevalets (bugaku biwa) ou encore le shigen biwa (à quatre cordes et neuf chevalets).
On joue du biwa à l'aide d'un large plectre en bois ou en ivoire, comme on joue du banjo.


Biwa (équivalent du pipa chinois)


Gekkin (luth japonais à deux cordes)

Le shakuhachi est une sorte de flûte importée de Chine au début de l'ère Nara (710-794). Ce n'est cependant qu'au début du 16ème siècle que cet instrument devint populaire grâce à son adoption par des moines zen mendiants (komusô).
Le shakuhachi est un tube de bambou d'environ 55 cm de long. Il est percé de quatre trous sur sa partie supérieure et d'un trou pour le pouce sur sa partie inférieure.
Le shakuhachi possède son propre répertoire musical. Il prend aussi place dans les orchestres de Nô (une des formes traditionnelles du théâtre japonais) et accompagne souvent le koto ou le shamisen.
A part le shakuhachi, il existe au Japon de nombreuses autres sortes de flûtes.
Les plus communes, généralement taillées dans du bambou, sont : les yokobue (flûtes traversières), le ryûteki ou kichiriki (pipeau à sept trous), les shô no fue (sortes de flûtes de pan pouvant posséder de 10 à 24 tuyaux) et les shô (orgues à bouche possédant 17 tuyaux).


shakuhachi

Taiko est un terme générique pour désigner les différentes sortes de tambours japonais qui furent introduits au Japon au 7ème siècle par des musiciens coréens et chinois.
Le taiko traditionnel est un tonneau en bois dont l'ouverture supérieure est recouverte par une peau tendue de daim ou de cheval.
On joue généralement du taiko à l'aide de deux courtes baguettes en bois (bachi).
Parmi les nombreux tambours japonais, les plus communs sont l'ôdaiko (grand tambour à deux faces décorées), le tsuri daiko (sorte de gong), le kakko (petit tambour utilisé dans les orchestres de musique de cour), le tsuzumi (un petit tambour à double face en forme de sablier) et l’uchiwa daiko (tambourin muni d'un manche).


 Taiko



Ko-tsuzumi


TECHNIQUE VOCALE ET INSTRUMENTALE

Vibratos irréguliers et très amples, fluctuation des sons, gravité des timbres, attaque glissante par dessous, pour la technique vocale.
Au Japon, plusieurs distinctions peuvent s’opérer dans la technique vocale :
 — dans le théâtre No, le rôle principal fait appel à la voix pharyngée.
 — le shomyo (la voix radieuse ou la clarté de la voix) correspond à une manière de réciter les sutra (textes bouddhiques) avec un timbre très nasillard.
 — dans le théâtre de marionnettes bunraku le récitant, appelé gidayu, pratique une technique vocale particulière passant de la voix de gorge via la voix nasale jusqu’à la voix de tête.
 — dans le théâtre kabuki japonais, les hommes qui jouent les rôles de femmes doivent employer la voix de fausset ou la voix de tête tosei pour créer l’indispensable tension émotionnelle.

Quant à la technique instrumentale, elle recourt à des procédés spécifiques, en particulier les glissandi, la répétition accélérée d’une note, l’ondulation des sons, et des bruitages comme le bruit du souffle, de la frappe sur la table d’harmonie du biwa, des cris dans le nô, et du frottement des cordes du koto, etc.



THÉORIE

Echelles : les échelles les plus courantes sont appelées ryo et ritsu. Quant à la musique populaire, elle recourt à d’autres échelles dites in et yo. Le théâtre nô, enfin, utilise une échelle à trois degrés, distants chacun d’une quarte. La plupart des pièces de musique pour le koto ont été écrites avec l’échelle In. Les deux principaux accords du koto (cithare japonaise à 13 cordes) sont les suivants : hirajoshi et kumoï.

Echelle de la musique gagaku :
Ryo :

Ritsu :

Dans la musique pour koto :
In :


Yo :


Accord du koto :
Hira-joshi :

Kumoï-joshi :







LIENS


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À propos de nicolas martello

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