Musique du Tadjikistan



Les Tadjiks pratiquent la même musique savante que les Ouzbeks et les instruments sont similaires. Dans le Sud du pays, on retrouve un genre populaire nommé falak interprété lors des cérémonies familiales et des fêtes par des bardes. Le falak est une suite composée de poèmes chantés et de pièces instrumentales joués au dutâr. Le Badakhshan occupe une place particulière, due en partie à des différences linguistiques, et possède une riche tradition de poésie populaire et de ghazals influencés par la Perse.

HISTOIRE

Dans le sud-ouest du Tadjikistan, où les majestueuses montagnes du Pamir atteignent des hauteurs à peine inférieures à celles de l’Himalaya, les traditions locales du chant religieux, de la musique mystique et de la danse ont prospéré parmi les Pamiri, peuples montagnards, dont beaucoup sont des musulmans chiites ismaïlis. Comme les autres communautés de Pamiri musulmans, celles des Ismailïs, dont le chef spirituel héréditaire est Son Altesse l’Aga Khan, ont conservé des pratiques culturelles bien à elles. S’ajoutant à la géographie accidentée du Badakhchan, ces pratiques ont nourri la préservation de nombreux aspects de la culture traditionnelle.
Aqnazar Alavatov et les membres de son ensemble vivent à Khorog et dans les environs — Khorog étant la capitale régionale du Badakhchan, avec une population de quelque quarante mille âmes ; ils y gagnent leur vie en qualité de musiciens professionnels. À leur répertoire figurent les maddāh — des chants religieux qui peuvent incarner le pouvoir spirituel connu sous le nom de baraka, des lamentations appelées falak, à l’accompagnement instrumental très réduit, et des chants populaires traditionnels, les khalqi. Pour les Badakhchanis, musique et danse sont intimement liées et Sahiba, danseuse exceptionnelle qui est aussi une des meilleures chanteuses du Badakhchan, illustre à merveille le symbolisme de la danse pamiri. Aqnazar est particulièrement réputé pour ses interprétations des œuvres de Rumi, le grand poète soufi du XIIIe siècle, dont les vers font l’admiration des musulmans de toutes les cultures et ont inspiré les derviches mevlevi ou derviches « tourneurs ».


GENRES

Musique savante

Le shash et le tchahôr maqôm, bien que classiques et érudits, ne sont restés que des éléments régionaux à la diffusion très limitée.
Ils incluent les maqôms suivants : Buzruk - Dugôh - Irôq - Navô - Rôst - Segôh et Bayôt - Tchahôrgôh - Dugôh-Husayni - Gulyôr-Shahnôz. Ce sont les mêmes que ceux de l'Ouzbékistan.
Jurabek Nabiev en est l'interprète le plus illustre.

Musique folklorique

Elle se répartit en trois régions distinctes :
— Pamir (Badakhchan), où les chromatismes sont fréquents, le registre restreint, l'échelle mineure et les luths très importants (dumbrak, rubab-i pamiri, komus, tanbur, setâr, rabâb, târ) ;
— Kuheshtoni (Gissar, Kulyab, Garm) ;
— Sogdiana (Kashkadarya, Surkhandarya).

* Le kuheshtôni pratiqué par les bardes hôfiz ou hâfiz en est la forme la plus répandue. Il se chante avec une voix de gorge goloi, accompagnée au luth dombra ou setâr.
* Le falak ("destin") est un chant populaire sur des poésies mystiques pour les rites funéraires. C'est une complainte accompagnée au dotâr, au târ ou au ghaychak.
* Le dafsaz est au Haut-Badakhchan, un chant a cappella repris par un chœur d'hommes accompagné au tambour sur cadre daf. On y évoque des thèmes religieux ou des poésies mystiques clamées sous la forme ghazal.
* Le dargilik-falak-lalaik ou bulbulik est un chant à enchaînement, composé d'un chant de séparation, d'un falak et d'un chant plaintif. Il est accompagné au rabâb, à la ghaychak et au daf.
* Le destan est dans le sud, une ballade épique narrant les hauts faits légendaires de Görogly, un héros turc.
* Le maddahi ou madâkhâni est un chant religieux des Ismaéliens proche du ghazal, chanté à l'occasion de funérailles dans le Badakhchan et accompagné au rabâb et doyre.
* Le garibi est un chant « d'étranger » du début du XXè siècle que les paysans déracinés ont colporté.
* Les festivals gulgardoni ou boychechak (printanier) et sayri guli lola (des tulipes) sont l'occasion d'entendre des chants chorals (naqshi kalon) accompagnant des danses et accompagnés au dutar et doira.
* Les cérémonies de naissance ou de circoncision sont accompagnées de chants (naat et munojot) et d'un théâtre de marionnettes accompagné au doira, qayroq, surnay et nagara. Pour les mariages, on fait appel aux sozanda, des musiciennes professionnelles jouant dans des ensembles dasta.


INSTRUMENTS

nay (flûte) ; qayroq ; surnay (hautbois) ; dombra ; dotâr (luth bicorde à manche long) ; ghaychak-i pamiri (vièle à pique) ; komus (guimbarde) ; rabâb (vièle) ; rubab-i pamiri ; setâr ; tambûr ; tanbur ; târ ; daf ; doira ; nagara.


LIENS



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À propos de nicolas martello

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