L'isopolyphonie populaire albanaise




source : http://musique.arabe.over-blog.com/article-20791452.html

La musique traditionnelle produite en Albanie est classifiée en deux grands genres musicaux distincts d'une part la musique produite par la tradition orale des Ghegs établis dans le nord du pays et d'autre part les Tosks et Labs dans le sud.

Dans la région méridionale sont présente différentes formes de polyvocalité, avec ou sans bourdon qui diffère aussi selon le sexe et de la tranche d'âge des exécutants.

Issue de la musique sacrée byzantine, l'isopolyphonie albanaise est une forme élaborée de chant choral, principalement interprétée par des hommes. L'essor du tourisme culturel et l'intérêt croissant des chercheurs contribuent à la revitalisation de cette tradition folklorique unique.

L'isopolyphonie pratiquée par les Tosks et les Labs dans le sud albanais. Le terme iso désigne le bourdon qui accompagne le chant polyphonique et s'apparente à l'ison de la musique liturgique byzantine. Le bourdon est obtenu de deux manières. Chez les Tosks, il est toujours continu et utilise la voyelle ‘e', les chanteurs reprenant leur souffle en alternance. Chez les Labs, il est parfois rythmique est corroboré par le texte du chant.

Une distinction est établie entre la polyphonie à deux, 3 ou 4 voix. Répandue dans tout le sud du pays, l'isopolyphonie à deux voix est la forme simplifiée polyphonique principalement chantée par les hommes, à quelques exceptions, on retrouve quelques chanteuses de renom. Cette musique fait l'objet d'interprétation lors des fêtes et rassemblements sociaux tels les mariages, les funérailles, la fête des moissons. Aussi dans le sud, les saze (petits orchestres) composés de 4 ou 5 instruments jouent de la musique accompagner la danse folklorique lors d'occasions festives ou lors. Le festival de musique populaire le plus remarquable est celui organisé à Gjirokastra.

La structure verticale et horizontale de l'isopolyphonie albanaise présente les caractéristiques suivantes : les chansons comprennent le plus souvent trois parties (deux parties solos - le chant et le contre-chant - et un bourdon tenu par le chœur). Le chant à quatre voix est plus rare. On le trouve seulement chez les Labs. Il comprend également deux parties solos, mais s'accompagne d'un double bourdon : l'un chanté par le chœur, l'autre par un soliste. La structure des solos diffère selon la manière d'exécuter le bourdon, dont les deux types présentent aussi une grande variété de structures, notamment dans le style de pédale très répandu dans tous les groupes ethniques.

La tradition subit les conséquences de la pauvreté, du manque de protection légale et de l'absence de soutien financier aux praticiens, ce qui compromet la transmission du vaste répertoire de chansons et de techniques. D'autres dangers viennent de l'exode rural des jeunes vers les grandes villes mais aussi à l'étranger pour trouver du travail. Aujourd'hui, la transmission du savoir est davantage assurée par des artistes populaires professionnels que par la structure familiale.

Depuis quelques décennies, la progression modeste du tourisme culturel ainsi que l'intérêt croissant de la communauté scientifique pour cette tradition populaire unique ont contribué à la renaissance de l'isopolyphonie albanaise.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_albanaise


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À propos de nicolas martello

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